Le signe des 4 de Arthur Conan Doyle

Résumé de l’éditeur : « Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l’armée des Indes, a disparu depuis longtemps, reçoit par la poste une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l’accompagner…
Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui aient été offertes à la sagacité du détective. L’Inde des maharajahs, le fort d’Agra cerné par les Cipayes révoltés, le bagne des îles Andaman sont le décor de l’extraordinaire aventure que Holmes va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise… 
»

Dans cet opus, nous apprenons à mieux connaitre nos deux compères. Le docteur Watson est un personnage vraiment attachant et intéressant. Son petit côté fleur bleue et aventurier m’a donné le sourire. Avec Sherlock Holmes comme colocataire nous ne sommes jamais à l’abri de partir enquêter de jour comme de nuit. Ce dernier est aussi un personnage particulier puisqu’il fait preuve à la fois d’une grande intelligence mai aussi d’une bonne dose de dérision.

Nous avons sous les yeux une histoire de vengeance. L’intrigue policière en elle-même est bien ficelée mais j’avoue que mon attention s’est plus portée sur la panoplie de personnages que nous présente l’auteur. Arthur Conan Doyle fait toujours preuve d’une discipline d’écriture et d’une construction de son récit assez semblable à Une étude en rouge. Nous retrouvons une ambiance assez sombre, brumeuse et confinée avec un brin d’exotisme puisque la base de l’intrigue se trouve dans les Indes.

Arthur Conan Doyle a une bonne maîtrise du format « nouvelle ». Il sait mettre en place son intrigue et dénouer tous les tenants et les aboutissants de l’enquête en très peu de page. C’est intelligent, drôle et bien pensé.

J’ai passé un très bon moment avec cette seconde enquête. J’ai hâte de me plonger dans Le chien des Baskerville. J’en lis beaucoup de bien et les critiques me donnent l’eau à la bouche. Vivement le mois prochain !

Lu dans le cadre de la lecture commune Oh, Sherlock you are merveilleux ! avec Nahe, Syl, Claire, Caro et Shelbylee.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Cinq jours de Douglas Kennedy / Rentrée littéraire 2013

Je vous retrouve aujourd’hui pour la chronique d’un roman de cette rentrée littéraire 2013. Douglas Kennedy est l’auteur de multiple bestseller. Malgré cela je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un de ces romans.

Laura (marié, deux enfants) est malheureuse en ménage. Elle travaille comme technicienne de radiologie dans le Maine et assiste de temps en temps à des colloques. C’est ainsi qu’elle doit se rendre à l’un d’entre eux à Boston pendant tout un weekend. Il va y faire une rencontre, celle de Richard, qui va changer sa vie de femme.

Autant le dire tout de suite l’intérêt de ce roman ne réside pas dans l’action mais bien dans l’analyse psychologique et l’introspection des personnages. L’auteur s’attache clairement à décortiquer leurs états-d’âme et l’impact du passé sur leur vie présente. Comment ne pas se reconnaitre dans l’une ou l’autre de ces personnes à un moment de notre vie ? Ainsi les thèmes du couple, des relations parents-enfants sont très présents. Ils ne correspondent pas du tout à mes préoccupations actuelles mais grâce à la superbe écriture de Doulgas Kennedy, les destins de Laura et Richard ont su me toucher.

L’auteur a mis en place pour son récit une construction originale divisée en cinq parties qui correspondent à cinq jours de la vie de Laura et de Richard. La majorité du récit se déroule sous forme de conversations et de confidences entre nos deux héros. C’est ainsi que nous faisons leur connaissance grâce à l’évocation de leur passé. Ce dernier est très présent et semble bloquer leur vie actuelle. Nous ressentons leurs regrets, leurs choix douloureux ainsi que la pression familiale et le poids du regard de leurs parents dans leur jeunesse.

Il s’agit d’un beau roman tout en subtilité avec une fin douce-amère et une morale disant que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Si j’en ai l’occasion j’essaierais de découvrir un autre roman de Douglas Kennedy car son écriture m’a largement convaincu.

Page facebook française de l’auteur :

Douglas Kennedy répond aux questions de 4 blogueuses :

Merci aux éditions Belfond et à Jérémy pour l’envoi de ce roman.

Fanny

Les Cosaques de Léon Tolstoï

Les cosaques

Résumé: A travers les paysages du Caucase et le régiment de Cosaques auquel il est affecté, un jeune officier, Olénine, qui n’est autre que Tolstoï lui-même, découvre la splendeur du monde primitif. « Dieu que notre Russie est triste », soupirait Pouchkine ; le Caucase, c’est pour Tolstoï la découverte de la joie, l’oubli de l’accablant sentiment de culpabilité qui est au fond de l’âme russe. D’admirables évocations de nature. Le pittoresque éclatant des voyages romantiques. Et une histoire d’amour où nous voyons Olénine s’éprendre d’une jeune Cosaque, Marion, qui est pour lui le symbole d’une liberté encore insaisissable.

Léon Tolstoï est devenu mon écrivain préféré depuis ma lecture de Guerre et Paix (1865-1869) et surtout d’Anna Karénine (1877). J’avais donc très envie de découvrir Les Cosaques qu’il a écrit plus tôt en 1863. Mon intérêt était d’autant plus grand que le roman est en grande partie autobiographique.

Le personnage principal Olénine est en fait le double de Léon Tolstoï lui-même. Jeune homme issu du beau monde, il a entamé des études universitaires sans les achever. Il décide alors de se porter volontaire et intègre les Cosaques. Il découvre alors le Caucase et ses habitants qui le fascinent. Les paysages et les montagnes notamment sont décrits d’une manière proche de la littérature romantique. Mais ce sont les habitants qui intriguent le plus Olénine/Léon Tolstoï. Trois figures s’imposent dans le roman Marion, Lucas et le vieux chasseur Erochka. Olenine tombe rapidement sous le charme de Marion jeune fille symbole même de la nature sauvage, simple et libre. Lucas est un jeune homme courageux admiré de tout la communauté. Ces deux jeunes gens sont promis l’un à l’autre. Olénine est hébergé chez les parents de Marion. Un de ses seuls amis est le vieux Erochka qui lui apprend à chasser. Le récit est rythmé par les beuveries et fêtes. Les scènes de guerres sont, elles, quasi-absentes. Olénine finit par apprécier cet univers malgré le gouffre social et culturel qui les sépare. Leur point de vue à eux est en revanche plus difficile à connaître.

Comme toujours avec Léon Tolstoï, le personnage d’Olenine se pose des questions morales notamment sur le bonheur:

« Et soudain un monde nouveau se découvrit à lui. Le bonheur, le voici, se dit-il à lui-même, le bonheur consiste à vivre pour les autres. C’est clair. L’homme a reçu un appétit de bonheur ; donc cet appétit est légitime. En le satisfaisant égoïstement, c’est-à-dire en recherchant pour soi richesse, gloire, commodités de l’existence, amour, il peut se faire que les circonstances ne nous permettent pas de satisfaire nos désirs. Ainsi ce sont ces désirs qui sont illégitimes, et non l’appétit de bonheur. Alors, quels sont les désirs qui peuvent toujours être satisfaits, en dépit des conditions extérieures ? Lesquels ? La charité, le renoncement »

Olénine repart donc transformé par son passage chez les Cosaques.

Il s’agit donc d’un roman relativement court (environ 300 pages) mais passionnant. Il peut être un bon début pour ceux qui veulent découvrir Tolstoï mais à qui la longueur de ses autres romans fait peur.

Kheira

Du nouveau dans ma PAL #6

Voilà un petit moment que je ne vous avais pas montré les nouveaux venus de ma PAL. C’est le moment de faire le point! Comme vous pouvez vous en douter certains ont déjà été engloutis…D’ailleurs, je ne vous ai jamais avoué mais je déteste voir ma PAL montée… Donc j’essaye d’acheter un livre et de le lire sous peu. Si bien qu’elle contient un peu plus de 20 livres. Bref. Je vous laisse découvrir mes nouvelles acquisitions.

Achats neufs

1. Douze minutes avant minuit de Christopher Edge, éd. Flammarion, 331 p. C’est Bianca qui m’a donné envie de lire ce roman jeunesse avec sa chronique plutôt élogieuse. J’espère pouvoir écrire la mienne pour Halloween.

2. Le signe des 4 de Arthur Conan Doyle, éd. Le livre de poche, 150 p. Grâce à l’initiative de Syl de lire la série complète des Sherlock Holmes, je vais découvrir la seconde enquête du célèbre détective britannique.

3. Harry Potter and the Sorcerer’s Stone de J.K. Rowling, éd. Scholastic, 309 p. Je suis totalement tombée sous le charme de la couverture de cette nouvelle réédition de la série. J’ai lu ce tome en français à sa sortie. J’ai hâte de me replonger dans ce monde que j’adore. Il s’agira d’une lecture VO qui j’espère sera à la hauteur de mes espérances.

1. Les quatre de Baker Street, Tome 1 : L’affaire du rideau bleu de Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien, éd. Vents d’ouest, 56 p. Je l’ai déjà dévoré et adoré. Je vais tenter de chroniquer cette BD puisqu’elle entre dans le challenge XIXe siècle.

2. Kotori, Le chant du moineau de Samantha Bailly et Shigatsuya, éd. Nobi nobi, 48 p. J’ai également déjà lu ce roman graphique adapté d’un conte traditionnel japonais.

Service presse

1. Un été à Cold Springs de Richard Yates, éd. Pavillons poche, 255 p.

2. Instinct primaire de Pia Petersen, éd. NiL, 107 p.

Ce sont deux livres que Robert Laffont m’a gentiment envoyé. J’ai hâte de les lire et notamment le Richard Yates dont Martine adore les romans et en parle avec beaucoup de passion.

J’ai reçu ce roman de la part de Belfond en début de mois. Je suis en train de le lire et pour l’instant j’aime beaucoup l’écriture de l’auteur et la psychologie fouillées de ses personnages. C’est le premier livre de l’auteur que je lis donc affaire à suivre…

Masse critique Babelio

Ce roman est déjà lu. Ma chronique ne devrait d’ailleurs pas tarder à être publié dans la cadre d’une LC avec Bianca qui l’a également reçu grâce à cette masse critique.

Achat d’occasion

Comme d’habitude il y a un Anne Perry dans le lot. Avec les filles, nous continuons la lecture des aventures de Charlotte et Thomas Pitt avec ce 9e opus. Je vais m’y plonger dans quelques jours avec grand plaisir.

Cadeau d’anniversaire

Voici le cadeau d’anniversaire que mon chéri m’a offert… THE BIBLE! Je le lis le soir le weekend et j’aime beaucoup. J’apprends pleins de choses sur la façon dont se fait un film d’aventure, sur les acteurs, la participation de J.K. Rowling. Il est très beau, bien documenté, bien construit et plein d’images.

Avez vous lu certains de ces titres? Quels sont vos derniers achats?

Fanny

Alabama Song de Gilles Leroy

Alabama song

Résumé: Alabama, 1918. Quand Zelda, «Belle du Sud», rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York… Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand «roman américain». Prix Goncourt 2007.

Le livre se présente donc sous la forme d’un récit non chronologique (les dates sont précisées dans la marge) rédigé à la première personne, Gilles Leroy tente donc de s’immiscer dans l’esprit et l’intimité de Zelda Fitzgerald.

La jeunesse de Zelda

Zelda Sayre (son nom de naissance) est la fille d’un membre de la cour suprême d’Alabama et fait donc partie d’une famille aisée et assez connue dans cet État. Gilles Leroy détaille assez longuement les sorties et les flirts de jeunesse de Zelda. Il insiste sur ce qu’elle ressent à l’égard de ses différents prétendants, ses retours au petit matin dans la maison de ses parents…etc.  J’ai trouvé cette partie intéressante car elle est généralement moins connue et présente une atmosphère typique des récits sur le sud des États-Unis.

Une vie de couple caricaturée

Zelda est présentée comme une épouse malheureuse mais une mère aimante. Le roman (comme d’autres écrits sur ce couple) insiste sur les aspects négatifs de leur relation. L’un des moments les plus forts est celui où Scott lui vole ses écrits. Gilles Leroy s’amuse à démolir l’image de Francis Scott Fitzgerald, ainsi Zelda le qualifie de ainsi de « poupée blonde » par exemple.  Ernest Hemingway apparaît sous un autre nom, il est présente comme un homosexuel refoulé qui a une mauvaise influence sur Francis Scott Fitzgerald mais que ce dernier idolâtre. Enfin, Gilles Leroy prend le parti pris de considérer une aventure extra-conjugale de Zelda avec Édouard Jozan comme l’amour de sa vie. Cette « théorie » ne m’a pas trop convaincue.

Zelda avec son époux Francis Scott Fitzgerald et leur fille

Bref, si j’ai aimé certains développements notamment ceux consacrés à la jeunesse de Zelda, je trouve que Gilles Leroy insiste un peu trop sur les aspects négatifs voire destructeurs de sa relation avec Francis Scott Fitzgerald. Leur relation était certes très conflictuelle mais je trouve dommage ne garder que les aspects négatifs. J’ai le roman Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald dans ma pile à lire, j’espère bientôt le lire et y découvrir peut être des aspects autobiographiques. À suivre donc!

Kheira

Anges d’Apocalypse, Tome 2 : Le frisson des aurores de Stéphane Soutoul

Syldia est une des quatre cavaliers de l’apocalypse. Après une malédiction, dès que le jour se lève elle se réveille dans un corps d’adolescente sous l’identité de Samantha. Après les aventures du premier tome, Syldia s’est fait des ennemis. C’est le moins que l’on puisse dire… Ainsi elle va se retrouver à la fois à la place de proie mais aussi de chasseur car Desmond, le régent de la cours des sorciers de Toronto, va lui demander de le protéger. Autant dire que rien ne lui sera épargné que ce soit sous sa forme adulte de Syldia ou celle d’ado de Samantha…

Vous vous souvenez peut-être que j’avais adoré le premier tome de cette série. Je l’avais d’ailleurs placé directement dans mes coups de cœur. Je vous préviens tout de suite, je n’ai pas été déçue par cette suite qui est juste excellente. J’ai adoré continuer cette histoire où j’ai pu retrouver tout ce que j’avais aimé dans le premier opus : les personnages, le contexte original et le style de l’auteur. Un régal!

Quel plaisir de retrouver Syldia/Samantha! J’ai souvent ri ou souri à ses répliques et réflexions savoureuses. Vraiment ce personnage est excellent. Son caractère haut en couleur et son franc-parler servent de masque à ses faiblesses. Parfois, l’auteur nous laisse entrevoir ses états-d’âme. Malgré sa nature surnaturelle elle nous semble beaucoup plus humaine qu’elle n’y parait. La magie, les êtres surnaturels restent assez convenue mais lisant finalement assez peu ce genre je suis plutôt satisfaite. La romance est souvent omniprésente dans ce genre de roman. Ici, l’auteur en use avec parcimonie. Il s’agit d’un très bon point en ce qui me concerne. Quelques jeux de séduction ainsi que quelques scènes de rapprochement sont présentes et servent très bien le personnage de Syldia.

La situation se complique dangereusement pour notre héroïne. Elle se retrouve dans des positions souvent intenables. Mais avec à ses trois sœurs, elles font front et s’unissent pour venir à bout des problèmes. L’auteur sait vraiment bien nous décrire les scènes d’action. On se représente parfaitement ce qui est en train de se passer. Au rendez-vous : trahison, amour, amitié et action. La fin n’est pas forcément d’un suspens insoutenable. Cependant, les personnages sont tous tellement attachants à leur manière qu’une seule envie nous gagne : les retrouver.

Pour conclure, ce second tome complique encore les affaires de Syldia/Samantha. Il promet de belles aventures pour les prochains titres. J’ai hâte de voir l’arrivée de nouveaux personnages et de connaitre ce que Stéphane Soutoul nous réserve en rebondissements. Il s’agit véritablement d’une de mes sagas préférées du moment pour laquelle j’attends la suite prévue pour mars 2014 avec impatience. En deux mots : j’adore!

Merci à l’auteur Stéphane Soutoul d’avoir pensé à moi en me proposant son roman.

Fanny

Calvin et Hobbes, Tome 21 : Je suis trop génial! de Bill Watterson

Je vous retrouve pour une petite chronique aujourd’hui. Je n’ai pas forcément énormément de chose à ajouter sur ce tome puisqu’il suit exactement la même trame que les précédents. J’avais adoré ma découverte de cette série avec le tome 20.

Ce mois-ci j’ai continué les aventures des deux compères Calvin et Hobbes. J’aime la façon dont le petit tigre rembarre régulièrement Calvin qui a bien souvent réponse à tout. Mais ce petit garçon sait aussi faire preuve d’intelligence. Je pense qu’étant petite j’aurais adoré cette bande dessinée car je me retrouve un peu dans ce personnage un brin hyperactif.

Je reste vraiment impressionner par l’universalité et l’intemporalité dont fait preuve cette bande-dessinée. Elle a su parlé à des personnes bien avant nous et saura surement faire rire les générations prochaines. Les dialogues sont savoureux et bien trouvés. L’hiver et la neige sont souvent présents et propices aux gags. C’est une petite lecture bien sympathique en période de froid.

Le dessin simple et épuré de Bill Watterson donne un charme particulier aux planches. Elles sont d’ailleurs toutes en noir et blanc et sont agréables et très rapides à parcourir. La format du livre avec cette couverture souple reste vraiment plaisant en main.

J’ai passé encore un bon moment avec nos deux héros bien espiègles. J’aime leur compagnie le soir avant de m’endormir.

Merci aux éditions Hors Collection et à Lætitia pour l’envoi de ce livre.

Fanny

Le pays sous le ciel de Matilde Asensi

1923. Elvira, la quarantaine, artiste-peintre originaire d’Espagne, vit à Paris dans son petit appartement. Elle est mariée à un ami afin de satisfaire aux convenances de l’époque. Mais cette année-là elle apprend le décès de ce dernier alors qu’il habite en Chine. Ainsi elle se voit dans l’obligation d’entreprendre un grand voyage, avec sa nièce dont elle a la garde, afin de se rendre dans ce pays pour régler quelques affaires de succession. Mais une fois sur place les deux jeunes femmes vont aller de déconvenues en déconvenues jusqu’à se retrouver impliqués dans une véritable aventure à la recherche du tombeau du premier empereur en compagnie de personnages hauts en couleur et parfois inquiétants.

Matilde Asensi possède une plume fantastique à la fois dense, imagée, recherchée et fluide. Ce roman comporte de multiples descriptions de la Chine de cette époque, de son histoire passée ainsi que d’une certaine façon de voir la vie. Quelques longueurs apparaissent surtout lorsque la philosophie chinoise nous est expliquée. En effet, certains détails auraient mérité d’être davantage synthétisés. Ce roman demande un peu de concentration afin d’assimiler toutes les informations données, les noms des lieux et des personnages en langue chinoise ainsi que les faits historiques. Pour le coup on apprend vraiment plein de choses sur la Chine en général (mots de vocabulaire, histoire, coutumes). Je salue d’ailleurs le très gros travail de recherche de la part de l’auteure.

Le récit ne comporte aucun temps mort. Dès le début nous nous retrouvons embarquer dans cette aventure en même temps que les personnages. Nous sommes intrigués et curieux de connaitre la suite des évènements. Mensonges, complots politiques, retournement de situation et moments heureux sont au rendez-vous. Par contre, ce roman est divisé en seulement 5 chapitres pour plus de 450 pages. Ceci m’a quelque peu dérouté car je préfère les chapitres plus courts qui permettent bien souvent de relancer le rythme du récit.

Les personnages sont tous attachants à leur manière. Nous nous posons beaucoup de question au sujet de quelques-uns. Cette aventure est l’occasion d’un voyage initiatique pour ces compagnons de route. Tout d’abord Elvira va apprendre à connaitre et à aimer sa nièce Fernanda. Mais elle va aussi apprendre à se connaitre elle-même, à découvrir ses limites et à se guérir de son anxiété maladive grâce aux secrets que recèle la façon de penser chinoise.

Pour moi il s’agit d’un très bon roman d’aventure historique. Il est à la fois instructif et divertissant. Je le conseille à tous ceux qui aime la Chine mais aussi à ceux qui souhaiteraient découvrir ce pays par le biais d’un roman comme celui-ci.

Merci aux éditions Charleston pour la découverte de ce roman.

Sortie le 18 octobre 2013.

Fanny

La diable danse à Bleeding Heart Square de Andrew Taylor

Lediablednaseàbleedingheartsquare

Résumé: 1934. Londres. Lydia Langstone fuit la haute société anglaise et un mari violent pour trouver refuge dans une petite pension de famille sise Bleeding Heart Square. Privée des privilèges que lui conférait son statut social, elle tente de renouer avec une vie plus modeste, plus indépendante aussi. Mais très vite Lydia se trouve confrontée à d’étranges événements. Qui est cet homme qui semble surveiller nuit et jour les allées et venues dans la maison ? Qu’est devenue Miss Penhow, l’ancienne propriétaire de la pension, mystérieusement disparue ? Enfin, qui envoie des morceaux de cœur en décomposition à Joseph Serridge, le dernier pensionnaire à avoir vu Miss Penhow vivante ? Selon la légende londonienne, le diable danse à Bleeding Heart Square, cette fois il serait plutôt tapi dans l’ombre, en silence, attendant son heure…

Je l’ai découvert en me baladant dans une librairie avec Fanny ma collègue dans ce blog. Ce long roman de 480 pages ne bénéficie pas d’un suspense très fort selon moi, contrairement à ce que les critiques promettent en quatrième de couverture. En revanche, j’ai beaucoup aimé sa description du Londres des années 1930.

Des portraits de femmes réussis

Lydia Langstone qui quitte son riche mari au début du roman sait qu’elle ne reviendra pas en arrière et commence une nouvelle vie en vendant ses bijoux, cherchant du travail…etc. J’ai trouvé la description de la vie du milieu ouvrier, petits salariés, pigistes…etc bien décrit. Cela m’a rappelé les description de roman du XIXe siècle tels que Bel-ami de Maupassant ou de certains Zola. Au fur et à mesure, des extraits du journal intime de Miss Penhow sont insérés dans le roman. Il s’agit donc de la personne recherchée par différents protagonistes du roman. Je ne vous en dit pas plus sur son contenu pour ménager un peu le suspense mais ce récit suscite la curiosité.

Un contexte politique et social reconstitué

La grande Histoire s’intègre au roman puisque l’époux et le futur beau-frère de Lydia font partie d’une ligue qui tente d’imposer le fascisme en Grande-Bretagne. De plus, le contexte économique et social de crise, chômage…etc est bien illustré. La recherche d’emploi se fait par exemple à la lecture des journaux du matin, ce qui ne peuvent les acheter se précipitent alors à la bibliothèque dès son ouverture car les annonces y sont consultables. La concurrence est très forte et certains métiers comme le journalisme offrent peu d’emplois.  L’action s’accélère enfin dans le dernier tiers du roman mais la fin n’est pas renversante.

C’est donc un roman que je vous conseille pour ses beaux portraits de femmes et pour sa reconstitution du Londres des années 1930. Il ne faut en revanche pas s’attendre à un livre au suspense et au rythme haletant.

Kheira

Transatlantic de Colum McCann / Rentrée littéraire 2013

Colum McCann est un auteur qui m’était totalement inconnu. J’ai découvert une plume de talent. En effet, il possède une belle écriture souvent pleine de poésie et imagée. On prend plaisir à tourner les pages et à se plonger dans cette fresque historique entre l’Irlande et les États-Unis. Son roman est très riche. En effet l’auteur aborde beaucoup de thèmes. Il s’agit d’un roman sur la lignée familiale avec l’importance des racines mais aussi sur les relations mères-filles qui y sont très présentes.

Ce roman est divisé en plusieurs parties. Chacune d’entre elle traite d’un personnage en particulier et de son entourage. C’est ainsi que de chapitre en chapitre nous retrouvons la descendance, les aïeux ou les proches de Lily Duggan, jeune domestique d’Irlande, qui part en 1845 pour les États-Unis. L’auteur sait parfaitement nous dérouler sous les yeux le destin de plusieurs générations malgré les guerres, les conflits sociaux, les malheurs familiaux. J’ai adoré découvrir tous ces personnages et le monde dans lequel ils vivent. Par contre, ce roman mérite de l’attention et une certaine gymnastique à la lecture car des sauts dans le temps par des retours en arrière ou des bons en avant sont souvent réalisés. Ceci implique de bien se souvenir des personnages et de leur place dans leur généalogie ou leur rôle. En tout cas la construction complexe et originale est maitrisée. Je salue d’ailleurs le travail de recherche qui a été réalisé. Il donne vraiment toute sa crédibilité au récit.

L’Irlande et son histoire mouvementée sont toujours en toile de fond. Colum McCann y associe également les États-Unis d’où le titre du livre. C’est vrai qu’énormément d’irlandais se sont exilés là-bas notamment au début du XXe siècle. Durant ma lecture j’ai eu l’occasion de traverser trois siècles : le XIXe, le XXe et le début du XXIe siècle avec leurs caractéristiques propres. J’ai assisté à la lutte pour l’abolition de l’esclavage, la première traversée transatlantique sans escale, la vie difficile des récolteurs de glace aux États-Unis au XIXe siècle et bien d’autres choses encore.

Le seul défaut de cette histoire est la fin… Durant les dernières pages je me suis vraiment attendue à des rebondissements et à un peu de piment. On l’attend avec impatience mais elle ne nous apporte pas de révélation particulière.

Malgré une fin qui n’a pas été à la hauteur de mes espérances j’ai su apprécié ce livre pour l’enchevêtrement maitrisé des destins de toute cette panoplie de personnages. Je retiendrais de cette lecture l’écriture de l’auteur, le découpage original du récit, le pont entre les États-Unis et l’Irlande ainsi que tout ce que j’ai pu apprendre. Un beau roman sur les acteurs de l’histoire.

Fanny