Mon métier d’archiviste au travers du livre Les archives de la police scientifique française de Gérard Chauvy

Voilà un livre qui va me permettre de vous parler d’un pan de ma vie. En effet, je suis archiviste. C’est un métier passionnant qui nous met face à des documents historiques et à des problématiques particulières. En effet, lorsque nous traitons un fonds il faut cataloguer les documents (les décrire), les classer, les conditionner (dans du matériel adéquat pour chaque support) et penser à la communication au public. Pour ma part, je suis davantage spécialisée dans l’iconographie c’est-à-dire les cartes postales, les photographies sur plaques de verre ou papier, les affiches, etc.

Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, grâce à mon métier, j’ai déjà eu l’occasion de voir des plaques de verre d’un SRPJ (Service régional de police judiciaire) regroupant des prises de vue à partir de 1909 de photographies d’identité judiciaire (profil, face), d’autopsies, de scènes de crime ou encore de reproductions de documents utiles aux enquêtes. Ça peut paraitre un peu glauque mais finalement c’est très intéressant de voir comment se menait une enquête au début du XXe siècle ainsi que la façon de traiter les affaires criminelles.

La majorité de ce beau livre met en avant la genèse de la police scientifique et de la personne qui l’a mis en place : Edmond Locard (1877-1966 ; le Sherlock Holmes français rien que ça !). C’est lui qui a créé le premier bureau de police scientifique à Lyon en 1910. On y parle même de Sherlock Holmes. Le parallèle avec ce personnage de fiction est intéressant pour montrer le passage d’une police intuitive basée sur l’observation (comme Sherlock Holmes) à une police scientifique. On y parle également d’un autre grand nom de cette discipline, Alphonse Bertillon à qui on doit l’invention de l’anthropométrie judiciaire et donc l’utilisation de la photographie d’identité judiciaire. Le reste du livre traite de la police scientifique d’aujourd’hui. L’auteur nous parle aussi de l’avancée technologique qui permet d’aller toujours plus loin dans la recherche de criminels grâce notamment à l’informatique et à l’électronique toujours plus performantes.

La construction est simple et claire. Le livre est divisé en huit parties différentes. L’utilisation iconographique d’images d’archives, de photographies ou encore de reproductions de documents d’époque est pertinente. La belle mise en page a dû nécessiter un grand travail pour équilibrer les textes et les images. Des encarts pour des précisions sont insérés par-ci par-là et permettent d’aller plus loin sur certains points. La couverture cartonnée et rigide en fait un beau-livre agréable à parcourir.

Voilà un ouvrage passionnant et intéressant. Je ne manquerais de l’emmener au travail car il va à coup sûr pouvoir nous renseigner sur certain point. Il s’agit d’un bon livre de vulgarisation sur le sujet. Il fera un parfait cadeau de Noël pour les personnes s’intéressant à l’histoire de la police scientifique.

Merci aux éditions Hors Collection et à Lætitia pour l’envoi de ce livre.

Fanny

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16 réflexions sur “Mon métier d’archiviste au travers du livre Les archives de la police scientifique française de Gérard Chauvy

  1. Rhââ ! Voilà ce que j’aimerais… petit papa Noël ♫ Archiver, ce doit être un travail monstre, j’ai déjà du mal à classer comme il se doit mes livres, non pas qu’ils sont en tas, mais malgré tout, je ne sais jamais où je les ai rangés, dans quelle biblio, quelle étagère…

  2. A la lecture de ce post, c’est finalement les coulisses du métier qui m’intéressent plus que le livre :). En tout cas l’initiative de vulgarisation est à louer, peu de personnes connaissent l’existence même de ce métier !

  3. Ton billet donne très envie, Fanny!
    Je ne savais pas que tu étais archiviste. Cela doit être passionnant comme métier!
    Biz
    PS: Très joli votre visuel pour les fêtes!

  4. merci, ce post me donne envie de poursuivre l’histoire de la police scientifique. Après avoir lu 2 des 3 romans policiers d’Odile Bouhier sur ce sujet en 1920 à Lyon : « le sang des bistanclaques », « de mal à personne », « la nuit, in extremis ».

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