Autant en emporte le vent, Tome 1 de Margaret Mitchell

Aujourd’hui je vous parle d’un grand classique de la littérature américaine. 1861, Scarlett O’Hara, jeune sudiste de tout juste 16 ans ne s’intéresse pas aux échos annonçant une prochaine guerre opposant le sud et le nord des États-Unis. Ce qu’elle souhaite c’est se marier avec Ashley Wilkes. Cependant, ses plans vont se voir contrarier. Elle devra donc se tourner vers une autre issue qui va la mettre dans des situations qu’elle ne se voyait pas assumer.

Le contexte historique prend une grande place dans le récit mais Margaret Mitchell a trouvé un bon équilibre entre les passages de faits historiques purs et la fiction. En effet, régulièrement, elle faire un point sur l’avancement des combats et les changements qui vont influencer le cours de la vie des personnages. Ces moments sont vraiment intéressants et nous permettent de mieux appréhender cette période sombre de l’histoire des États-Unis. Je ne connaissais pratiquement rien sur la guerre de Sécession. Ce roman m’a donc appris beaucoup de choses à propos de cette dernière.

Les personnages sont charismatiques et très recherchés. Chacun d’entre eux a droit à un portrait physique et psychique détaillés. Le lecteur n’a aucun mal à se les représenter ainsi qu’à les voir évoluer. Scarlett O’Hara est la plupart du temps égoïste, sûre d’elle et manipulatrice. Mais à la fin de ce tome son assurance se voit remise en cause. Rhett Butler est un personnage pour l’instant bien mystérieux. Dans ce premier opus, on ne sait pas très bien d’où il vient et ce qu’il souhaite. Les personnages secondaires sont tout aussi recherchés et intéressants.

Margaret Mitchell a une plume soutenue et très agréable à lire. Elle maitrise parfaitement la construction de son roman. Les passages purement historiques sont loin d’être barbants bien au contraire. La guerre aiguise les émotions et les sentiments. L’auteur sait sans problème les utiliser pour servir son récit. Celui-ci est plein de détails, de descriptions de paysages et d’intérieurs. Il s’agit d’un roman réellement fouillé et abouti même s’il me reste les deux prochains tome à lire.

Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un roman riche bien loin d’une simple romance. Cette magnifique fresque historique aux personnages charismatiques m’a totalement séduite. Je vais lire le tome 2 dans les jours à venir. J’ai déjà hâte de retrouver tout ce petit monde et surtout de voir l’évolution de Scarlett.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Eliza (qui me fait rêver d’avance avec ses images du film) et Jess.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

 Fanny

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Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald

Zelda

Résumé: Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d’Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight. Écrit en « six furieuses semaines », le manuscrit fut accepté d’emblée par Maxwell Perkins, le propre éditeur et ami de Scott Fitzgerald chez Scriber’s. S’il fut boudé par la critique à sa parution, le livre a été réhabilité lors de sa réédition au début des années 1950. Ce portrait d’un homme doué qui s’autodétruit, enfin apprécié à sa juste valeur, est désormais considéré comme une œuvre « puissante et mémorable » (le Times Literary Supplement) dont les personnages et leurs actions – tragiques – contrastent magnifiquement avec le cadre de cette Côte d’Azur ensoleillée où ils évoluent. Au-delà de cette peinture d’une époque et de ses personnages, Accordez-moi cette valse est aussi, et peut-être avant tout, un grand roman d’amour.

J’ai consacré il n’y a pas très longtemps une chronique à Alabama Song de Gilles Leroy, une biographie romancée de Zelda Fitzgerald. Gilles Leroy a sans doute beaucoup puisé dans cet unique roman de Zelda pour l’écrire. Elle y décrit Alabama (son double) à la troisième personne. Dans un style simple et fluide elle raconte son adolescence et ses nombreuses conquêtes mais aussi ses doutes. Elle étudie également les personnalités de ses parents de façon détaillée. Puis rapidement le couple qu’elle forme avec David (un peintre inspiré de Francis Scott Fitzgerald) occupe l’essentiel du récit.

Mais Zelda ne se contente pas d’évoquer cette histoire d’amour, elle accorde une place importante à la danse que le personne d’Alabama commence tardivement et à laquelle elle se consacre corps et âme. Car le personnage d’Alabama a besoin de s’accrocher à une activité exigeante et prenante comme celle-ci pour ne pas sombrer dans une forme d’ennui et de dépendance à son mari David. On découvre ainsi les cours de danse peuplés de jeunes femmes souvent très pauvres mais déterminées. Elles sont entourées de quelques femmes « entretenues ». Alabama pousse sa pratique de la danse à l’excès car comme on le ressent durant tout le roman son caractère la pousse à agir de cette façon.

Ce roman est donc une très belle découverte qui éclaire sur certains aspects de la vie de Zelda au delà des biographies qui mettent parfois trop l’accent sur les aspects glauques de sa vie et de sa relation avec Francis Scott Fitzgerald.

Kheira

Bilan de mes lectures ~NOVEMBRE 2013~ / Lectures à venir ~DECEMBRE 2013~

Me revoilà avec un nouveau bilan. Et oui le temps passe toujours aussi vite. Ce mois de novembre a été ponctué de belles découvertes et d’une déception. Finalement le bilan est plutôt positif. J’ai souvent l’impression d’être très bon public car il est rare que des romans me déçoivent énormément. Est-ce un manque de recul de ma part? Un regard pas assez affuté? D’un sens je ne vais pas m’en plaindre…

Nombre de livres lus : 11

Nombre de pages lues : 2703

(Pour lire les chroniques disponibles, il faut cliquer sur les images)

Douze minutes avant minuit de Christopher Edge, éd. Flammarion, 331 p.

Un roman jeunesse vraiment agréable à lire. Nous sommes plongés dans une enquête bien mystérieuse au cœur du Londres victorien. L’auteur met en avant la littérature de cette époque et permet de la faire découvrir au plus jeune. Malgré une héroïne peu attachante c’est à découvrir! (Sortie du tome 2, Dernière séance avant minuit, le 5 février 2014)

Instinct primaire de Pia Petersen, éd. NiL, 107 p.

Par ce petit livre engagé l’auteure dénonce l’intolérance de la société vis à vis des personnes ne souhaitant ni se marier ni avoir d’enfant. C’est aussi une véritable preuve d’amour à son ex-compagnon puisqu’elle s’adresse à lui et lui explique son choix. Un très beau manifeste qui devrait en faire réfléchir plus d’un.

Un été à Cold Spring de Richard Yates, éd. Pavillons poche, 255 p.

Une fresque assez pessimiste de l’Amérique des années 30 et 40. Richard Yates a un don particulier pour nous montrer une middle class en déroute ainsi que des personnages rongés par les actes manqués et les désillusions.

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé, éd. de l’Olivier, 284 p.

Je vous présente ma déception du mois. Véronique Ovaldé possède un style bien à elle et met en place des thèmes intéressants. Cependant, tout au long du roman je suis restée au bord de la route. Il manque un quelque chose à ce libre car malheureusement il ne me laissera pas de souvenir impérissable.

La mode sous toutes les coutures de Florence Pinaud, éd. Actes Sud junior, 93 p.

Ce  livre jeunesse est parfais pour découvrir tous les aspects de la mode : des plus quotidiens en fonction de diverses civilisations aux plus singuliers chez les grands couturiers. Il brasse énormément de thèmes différents. La mise en page est un sacré point positif puisqu’elle n’est pas sans rappeler les magazines de mode (couverture souple, papier glacé, images d’archives et photographies). Il saura également convenir aux fille comme aux garçons.

Autant en emporte le vent, Tome 1 de Margaret Mitchell, éd. Folio, 475 p.

J’ai fait la découverte de ce grand classique de la littérature américaine. Quelle erreur d’avoir attendu si longtemps! C’est une magnifique fresque du sud des États-Unis pendant la guerre de Sécession (1861-1865). Les personnages sont charismatiques. Margaret Mitchell ne nous épargne aucun détails que ce soit sur les combats, les personnages ou encore les décors et paysages. Un délice!

Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien, éd. Le livre de poche, 371 p.

Une belle découverte que cette petite aventure épique destinée à un jeune public. J.R.R. Tolkien nous offre ici des personnages intéressants dont nous suivons l’évolution à la manière d’un voyage initiatique. Le monde créé est impressionnant de vraisemblance. Vivement le second film de cette trilogie!

Les aventures de Sherlock Holmes #1 : Un scandale en Bohème, La ligue des rouquins, Une affaire d’identité, Le mystère du Val Boscombe de Arthur Conan Doyle, ebook, 132 p.

Un coup de cœur pour ces nouvelles. Arthur Conan Doyle est vraiment doué dans cet exercice. Sherlock Holmes est un personnage toujours aussi fascinant. Nous faisons la connaissance d’Irène Adler… Quelle femme! Les histoires sont prenantes et les chutes excellentes. La suite fin décembre!

L’égorgeur de Westminster Bridge de Anne Perry, éd. 10/18, 380 p.

Un opus malheureusement en dessous du précédent. Malgré un bon début l’enquête piétine pendant un bon moment sans qu’aucun rebondissement ne vienne redonner du rythme au récit. Cependant, Anne Perry reste fidèle à elle-même et nous offre une lecture vraiment agréable et des personnages toujours aussi attachants.

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh, éd. Glénat, 160 p.

Voici une bande-dessinée qui a fait beaucoup parler d’elle puisque adaptée sous le titre La vie d’Adèle. C’est une histoire poignante et tragique sur deux adolescentes (qui deviendront adultes) amoureuses et toutes les difficultés que cela comporte. Le destin ne les épargnera presque jamais malgré quelques courts instants de bonheur. Une belle leçon de vie.

Vingt-sept fois de mes nouvelles de Béatrice Shalit, éd. Julliard, 215p.

Ces nouvelles prennent la forme d’un véritable puzzle de morceaux de vie. La narratrice, Noémi, que nous retrouvons tout au long de ce recueil nous expose des moments mémorables qu’elle a vécu. Elle a le don de se mettre dans des situations pas possibles. C’est doux-amer, touchant, cocasse et drôle. Entre les malheurs et les bonheurs qui font ce que nous sommes comment ne pas se reconnaitre à certains moments dans cette enfant puis cette femme?

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN DÉCEMBRE

   

   

DU NOUVEAU CE MOIS-CI : UNE LISEUSE!

Donnez moi vos impressions sur tout ceci. Avez vous lu certains de ces titres?

Fanny

Les aventures de Sherlock Holmes #1 : Un scandale en Bohème, La ligue des rouquins, Une affaire d’identité, Le mystère du Val Boscombe de Arthur Conan Doyle

Je vous retrouve avec une nouvelle chronique de quatre nouvelles d’Arthur Conan Doyle lu dans le cadrez de la lecture commune Oh Sherlock you are merveilleux. Ce mois-ci nous avons dû lire les quatre premiers textes du recueil Les aventures de Sherlock Holmes. Ces courts sont textes sont publiés pour la première fois dans un magazine britannique en 1891 : le Strand Magazine. Je peux déjà vous dire que j’ai adoré ces petites enquêtes.

Ici Arthur Conan Doyle met en place de petites intrigues, mystères ou enquêtes d’une trentaine de pages environ. L’auteur utilise à chaque fois la même construction : d’abord intervient la visite d’une personne au 221b Baker Street pour demander de l’aide, ensuite Sherlock Holmes réunis les premières observations et déductions, puis les deux héros se mettent en quête du fauteur de trouble à travers Londres et enfin viennent la chute et les explications.

J’ai largement préféré ces petites nouvelles aux romans Étude en rouge ou encore Le signe des 4. On sent qu’Arthur Conan Doyle maîtrise mieux ce format et se sent plus à l’aise. Les chutes sont excellentes. C’est, à mon avis, le plus important pour des nouvelles policières. En peu de pages il arrive à mettre en place son suspens et des histoires très différentes. Nous continuons à apprendre à connaitre les personnages principaux et d’autres sont introduits. Sherlock Holmes est toujours aussi agréable à suivre. Je me délecte de ces petites piques. J’aime toujours autant son originalité et son cynisme.

Un scandale en Bohème : Grâce à cette nouvelles, le lecteur fait la connaissance d’Irène Adler qui arrive à mettre Sherlock Holmes sur une fausse route. Cette femme est un sacré personnage doté d’un fort caractère.
La ligue des rouquins :
Le malfaiteur a usé d’ingénieux stratagèmes. Mais Sherlock Holmes ne se laisse pas duper si facilement. Cette enquête en est bien la preuve.
Une affaire d’identité :
Ici Mary Sutherland toute paniquée vient demander de l’aide à Sherlock Holmes car son fiancée a disparu juste avant de se marier. Nous allons vite nous rendre compte qu’elle s’est fait berner en beauté.
Le mystère du Val Boscombe :
Un différend qui date de plusieurs décennies entre deux personnes va mener la situation à un meurtre. Le ton de ce texte est différent des précédents et davantage dramatique.

Arthur Conan Doyle a vraiment un talent marqué pour les nouvelles. J’ai eu une petite préférence pour Un scandale en Bohème. Je me réjouis de retrouver nos deux compères dans les prochains textes des Aventures de Sherlock Holmes.

Lu dans le cadre de la lecture commune Oh, Sherlock you are merveilleux ! avec Nahe, Syl, Claire, Caro et Shelbylee.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien

Résumé de l’éditeur : « Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux. C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug… »

Avant de commencer la chronique en elle-même je vais faire un petit point sur mes connaissances du monde de J.R.R. Tolkien. Il s’agit du premier roman de l’auteur que je lis en entier (j’ai abandonné le premier tome du Seigneur des anneaux au milieu). Par contre, je connais très bien les films Le seigneur des Anneaux que j’ai vu maintes et maintes fois. De même pour le premier film de la trilogie Le Hobbit que j’ai vu deux fois. Je voulais absolument lire ce roman avant de voir la suite au cinéma et je n’ai pas été déçue.

A mon avis, ce roman est plus facile à lire que Le seigneur des Anneaux. J’ai fait l’expérience il y a plusieurs années de lire le premier tome de cette trilogie et j’avoue ne pas avoir été jusqu’à la fin. C’est une lecture sombre, poussée, assez ardue qui demande pas mal d’attention. Tandis que Bilbo le Hobbit est très facile à lire. L’écriture y est vraiment agréable et permet de suivre le fil des évènements sans problème. Je me suis régalée avec ce roman qui reste somme toute bon enfant. Le lecteur ressent tout de même le souffle épique qui guide les personnages. C’est une bonne manière de faire son entrée dans la Terre du Milieu et de découvrir l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

Ce roman de fantasy a été créé de toute pièce par Tolkien à la fin des années 30. Tous les détails qu’il donne sur ce monde, les personnages, les coutumes de chaque peuple et leur dialecte, les paysages sont impressionnants de réalisme. C’est même lui qui a dessiné la carte de Thror insérée au début du livre. Tolkien s’est inspiré de nombreuses mythologies (germanique, scandinave entre autres) de diverses civilisations pour créer l’univers de la Terre du Milieu. Mais l’auteur a su insérer beaucoup d’humour, de dérision mais aussi des paroles de chansons. Ceci permet une certaine fantaisie ainsi que de rendre le tout vraiment agréable. Le dépaysement dans un autre monde et dans une autre époque est total.

Tous les personnages de la compagnie sont attachants. Nous suivons l’évolution de Bilbo, ce hobbit plutôt pantouflard et casanier pour découvrir en lui un vrai héros courageux et altruiste à la manière d’un voyage initiatique. Il en va de même pour les nains. Thorin, roi sous la Montagne, est au début assez renfrogné pour finalement se dévoiler comme étant un « homme » (ben oui c’est un nain…) plutôt touchant.

L’histoire est racontée à la manière d’un conte pour enfant avec l’envie d’inculquer et de transmettre certaines valeurs. Nous avons sous les yeux une aventure épique avec des principes chevaleresques. La dualité entre le bien et le mal, les gentils et les méchants est très présente.  Il y a certains passages d’émotion et de frayeur pour nos compagnons d’aventure. La fin est déchirante (je ne préfère pas imaginer la fin du troisième film…) mais apporte une fois un message fort.

Voilà un roman riche, amusant et prenant. Les personnages sont à la fois attachants et touchants. J.R.R. Tolkien a su faire de cette aventure épique une quête bon enfant qui plaira au plus petit comme au plus grand et transmettra de belles valeurs. Ce livre permet de découvrir la genèse du Seigneur des anneaux. Avec Noël qui arrive à grand pas j’ai très envie de découvrir Lettres au Père Noël : recueil de lettres censées provenir du Père Noël que l’auteur envoyait à ses enfants.

Fanny

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé / Rentrée littéraire 2013

Résumé de l’éditeur : « Maria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu’elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l’année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une sœur jalouse, pour s’installer à Santa Monica (Los Angeles). C’est le début des années 70 et des rêves libertaires. Elle n’a pas encore écrit le roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n’est pas encore l’amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d’écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s’approprier le talent de Maria Cristina ? »

Aujourd’hui je vous parle d’un livre qui m’a donné un sentiment bien étrange en le refermant. Je n’ai eu aucun mal à aller au bout tout en étant incapable de rentrer totalement dans l’histoire. Il existe comme une barrière entre le lecteur et les personnages. Celle-ci nous empêche d’avoir de l’empathie même dans les moments les plus terribles ainsi que de comprendre et d’atteindre leur sentiment et leur ressenti. Les personnages sont stéréotypés et déjà vus : entre le pygmalion, la mère complétement névrosée, le père dépressif et l’écrivain qui se cherche. Pourtant ils sont plutôt loufoques et dérangés et auraient pu servir à merveille le récit.

Toutefois nous avons sous les yeux une écriture et une construction maitrisées. Véronique Ovaldé possède sans aucun doute un style singulier et agréable. Deux types de narration se croisent : la troisième personne puis quelque fois la première personne. Mais nous ne savons pas qui prête sa voix à cette dernière ni pourquoi. La construction du roman est assez commune mais elle a le mérite de donner un sens particulier au roman puisque nous passons du présent vers un flashback pour revenir au présent. Les thèmes abordés sont plutôt intéressants : comment réussir par soi-même, le poids d’une enfance et d’une éducation difficile en dehors du monde réel, le passé qui nous rattrape.

A mon sens, la fin brutale n’apporte rien. On ne sait pas bien quelle est le but de ce roman. Même après coup je ne sais pas ce que Véronique Ovaldé a voulu nous transmettre. Il en va de même en ce qui concerne le contexte de l’ouest américain des années 70. Bizarrement, j’ai à la fois plutôt aimé suivre l’histoire de cet enfant puis de cette femme tout en restant au bord de la route. Malgré une certaine fantaisie tout ceci manque sérieusement de charme et d’accessibilité. On referme ce livre sans plus de tristesse que ça. Cette histoire ne me laissera malheureusement pas de souvenir impérissable…

Voilà un avis bien mitigé pour ma première rencontre avec cette auteure. J’ai ressenti comme un mélange de fascination et de perplexité. Je suis malheureusement restée à l’extérieure de l’action malgré un style vraiment agréable. Cependant, il manque quelque chose pour emporter le lecteur qui voit passer les évènements sans y prendre part un seul instant.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Camille.

Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2013 de Priceminister. Merci pour l’envoi.

Fanny

Shirley de Charlotte Brontë

Shirley

Dans ce roman Charlotte Brontë étude avant tout les caractères des personnages à commencer par Caroline Helstone nièce de pasteur sans fortune, d’une beauté classique et d’un caractère réservé. Caroline fait la connaissance de Shirley Keeldar une héritière au caractère bien trempé et aux convictions fortes (elle est paraît-il inspiré de la personnalité d’Emily Brontë). Charlotte Brontë n’hésite pas à employer des mots français afin d’atteindre la juste définition de ce qu’elle veut dire avec par exemple le mot « bonté ». Cette étude psychologique très minutieuse peut paraître un peu longue mais je l’ai pour ma part beaucoup apprécié. Elle étude les différents états dans lesquels se trouvent les jeunes femmes notamment leurs périodes de dépression comme cela était déjà le cas dans Villette de la même auteure. J’ai noté une forte présence du thème de la maladie qu’elle soit physique ou morale (ce qui n’est pas très étonnant si on tient compte de l’histoire des Brontë). 

L’étude voire la critique sociale n’est pas en reste, elle est ancrée dans le contexte des années 1811-1812. Les transformations industrielles ont des conséquences sur les personnages du roman. En effet, Robert Moore propriétaire de manufactures fait face à la révolte des ouvriers. Les « réformes » dans le sens d’améliorations religieuses des pasteurs ainsi que la situation des précepteurs sont également évoqués.

Il s’agit donc d’un roman intéressant dans lequel j’ai retrouvé le style de Charlotte Brontë ainsi que ses thèmes favoris (étude psychologique, position sociale, mariage, argent…) avec l’ajout d’un contexte économique et industriel très précis. J’ai moins aimé que Jane Eyre et Villette mais c’est tout de même un classique à lire!

Kheira

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle

challenge XIX