Le Quatuor de Yaron Zilberman

Le Quatuor

 

Synopsis: Lorsque le violoncelliste d’un quatuor à cordes de renommée mondiale apprend qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, l’avenir du groupe ne tient plus qu’à un fil. Entre les émotions refoulées, les égos et les passions incontrôlables qui se déchaînent alors, la longue amitié qui unit les quatre virtuoses menace de voler en éclats. À la veille du concert qui célèbrera leur vingt-cinquième et sans doute ultime anniversaire, seuls leurs liens étroits et le pouvoir de la musique peuvent encore préserver ce qu’ils ont construit.

Le film montre l’enchevêtrements des relations artistiques et personnelles d’un groupe très restreint c’est à dire les membres de ce Quatuor auxquels on peut ajouter Alexandra (Imogen Poots)  jeune violoniste et la fille de deux membres du Quatuor Juliette (Catherine Keener) et Robert (Philip Seymour Hoffman). Cette densité et cette tension au sein d’un groupe si fermé est à la fois la force et la faiblesse du film. En effet, à force de multiplier les conflits le film perd en réalisme.

Il a en tout cas le mérite de traiter de thèmes assez difficiles comme la maladie et la vieillesse chez un artiste parfaitement interprété par Christopher Walken. D’autres thèmes sont plus classiques comme la crise d’un couple de quinquagénaires ou encore la lutte d’égo  et la quête de perfection artistique (difficile selon moi de traiter ce dernier thème mieux que Darren Aronofsky dans Black Swan). Le casting est excellent Christopher Walken déjà évoqué mais aussi Catherine Kenner et Phillip Seymour Hoffman en couple qui se déchire.  Je n’aurais a priori pas imaginé Mark Ivanir (vu dans 360) en musicien mais il s’en tire très bien en travailleur acharné et perfectionniste! Enfin, Imogen Poots est désormais une jeune actrice à suivre très attentivement!

On y trouve évidemment de multiples références à la musique et à la vie des compositeurs. On voit ainsi à travers le film une façon de vivre la musique différente pour chaque personnage. C’est ce qui les rend si complémentaires. Cependant, le film est largement accessible à ceux qui ne sont pas passionnés de musique classique.

Ce film vaut donc pour son casting et sa densité émotionnelle qui le rapproche par exemple des films d’Asghar Farhadi. Mais avec ses nombreux conflits et dilemmes au sein d’un groupe très fermé  le film perd an réalisme.

 

Kheira

 

 

 

Ava, la femme qui aimait les hommes d’Elizabeth Gouslan

Ava

En ce moment, je suis très intéressée par les biographies mais je trouve parfois leur style un peu aride, trop factuel. Ce n’est heureusement pas le cas ici! Elizabeth Gouslan nous livre un portrait agréable à lire qui est constitué de chapitres thématiques assez courts et qui s’inscrivent globalement dans l’ordre chronologique.

Le choix du titre est un peu exagéré, cette biographie ne concentre pas que sur la vie amoureuse d’Ava! L’auteure évoque sa jeunesse, son arrivée à Los Angeles avec sa soeur Bappie comme chaperon: on assiste à la rencontre de deux mondes. La biographe insiste sur le caractère de garçon manqué de Ava et son contraste avec les autres aspirantes actrices ayant un physique de pin-up décolorées. Ses films les plus importants se voient accordées plusieurs pages chacun comme Pandora (1951), Mogambo (1953), La comtesse aux pieds nus (1954). L’auteure tente de trouver des mises en abîmes de la vie et de la personnalité d’Ava dans ces films. Ses trois mariages sont évoqués avec une place plus importante accordée à Franck Sinatra qui présenté comme son grand amour. J’ai appris de nombreuses anecdotes sur ses « exils » notamment ses années passées à Madrid. Ses nuits de fêtes sont également longuement décrites.

J’ai aimé la mise en parallèle avec d’autres actrices plus jeunes (Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor) ou certains évènements comme la mort de JFK.

Il s’agit donc d’une biographie très agréable à lire et qui livre les aspects les plus importants de la vie de l’actrice. C’est donc bien pour commencer, si on ne connaît pas très bien Ava et le cinema de son époque. J’aurais parfois aimé que la biographe creuse un peu plus notamment sa façon de jouer (l’auteure s’appuie sur des déclarations d’Ava dans lesquelles celle-ci déclare souvent de manière désinvolte qu’elle n’intellectualise pas beaucoup ses rôles). La biographe n’aurait pas dû s’arrêter à ces déclarations. Elle aurait pu  tenter d’approfondir ce thème même s’il n’est évidemment pas facile de connaître tous les secrets de tournages. J’aurai en outre aimé que la bibliographie soit un peu plus fournie (c’est l’étudiante en Histoire qui parle).  Enfin, j’aurais évidemment aimé qu’il y ait encore plus de photos d’Ava tant sa beauté est célébrée par l’auteure.

Cette lecture me donne envie de lire Blonde la biographie de Marylin Monroe par Joyce Carol Oates. Certains parmi vous l’ont-ils lu?

Kheira

Frances Ha de Noah Baumbach

Une affiche très colorée pour un film en noir et blanc!

Une affiche très colorée pour un film en noir et blanc!

Frances Ha s’inscrit dans une longue tradition de films sur des trentenaires évoluant dans un milieu artistique mais perdus, qui peinent à devenir adultes, avoir un travail , un appartement…etc. On pense tout de suite aux films de Woody Allen mais également au récent Oh Boy de Jan Ole Gerster sorti en juin 2013. Il s’agit ici de Frances, new-yorkaise de 27 ans qui tente désespérément de faire partie d’une compagnie de danse et se rêve chorégraphe. Au début du film elle se sépare de son compagnon et sa meilleure amie et co-locataire quitte leur logement commun. 

Une Greta Gerwig lumineuse

Le film ne brille donc pas par son originalité  mais il possède certaines qualités. Tout d’abord son actrice principale dont le physique ne cadre pas trop avec  sa profession de danseuse mais qui lui renforce son côté « looseuse ». L’expression de son visage change énormément durant le film lui donnant selon le contexte un air parfois plus âgée, plus soucieuse ou au contraire plus jeune et  parfois lumineuse! Sa meilleure amie m’a tout de suite paru antipathique ce qui favorise un certain attachement à Frances (mais reste limité je vais expliquer plus tard pourquoi). J’ai également apprécié certaines remarques de Frances sur le couple, les enfants…etc qui rappellent dans une certaine mesure les personnages de Woody Allen.

Frances et sa meilleure amie

Frances et sa meilleure amie

Un univers peu réaliste

Malheureusement, comme souvent dans ce genre de films on a du mal à vraiment s’identifier aux personnage. En effet, on a du mal à croire qu’une danseuse puisse avoir l’hygiène de vie de  Frances pour qui les sorties au restaurant et l’alcool constituent des habitudes quotidiennes. De plus, même en voyant son compte bancaire dans le rouge on a du mal à croire réellement à sa pauvreté. À aucun moment on ne se dit que Frances risquait de se retrouver à la rue par exemple. On sait bien que le  personnage finira toujours par s’en sortir et c’est ce qui arrive.

Frances Ha est donc un film réussi esthétiquement et porté par une actrice et co-scenariste à suivre: Greta Gerwig. Cependant, il manque d’originalité et de réalisme pour espérer se démarquer d’autres films sur les thèmes de trentenaires à la recherche de leur place au soleil!

Kheira

World War Z de Marc Forster

Affiche de World War Z

Affiche de World War Z (2013)

Vu en V.F et 2D.

J’étais curieuse de découvrir ce qui était présenté comme un « film d’horreur familial » et réalisé par Marc Forster dont j’avais détesté le James Bond (Quantum Of Solace en 2008) mais qui est aussi capable d’autres choses (Cerfs-volants de Kaboul en 2007 ou Neverland en 2004 par exemple). J’ai aimé par ce film bien rythmé et qui évitent quelques clichés du genre.

J’ai tout d’abord apprécié son rythme: on rentre tout de suite dans une atmosphère de violence voire de chaos à Philadelphie. L’action se poursuit ensuite au gré des questions que se pose Gerry le personnage principal et des réponses et solutions qu’il espère trouver. L’action connaît donc des périodes de ralentissement mais l’angoisse reste palpable à chaque instant. J’ai aimé l’utilisation des zombies (sorte de malades) et j’ai trouvé le mécanismes de l’épidémie bien mieux illustrés que dans Contagion  (2011) de Steven Soderbergh par exemple. La peur est intelligemment distillée, les zombies peuvent surgirent à des moments inattendus ce qui m’a fait sursauter plusieurs fois je dois l’avouer! Le film n’est donc pas si grand public, il est d’ailleurs déconseillé aux moins de 12 ans. Les effets spéciaux sont très réussis et permettent par exemple des scènes de foule particulièrement épiques comme celle sur les murs de Jérusalem.

Le film se concentre donc surtout sur les recherches de Gerry et non sur la protection de sa famille comme le montre la bande-annonce. Brad Pitt, qui porte ce film, se montre sobre dans son jeu ce qui colle très bien l’expérience que son personnage possède des situations de crise. On peut trouver plusieurs références à la situation mondiale actuelle notamment dans les pays en voie de développement, le film donne l’impression que les situations de crises extrêmes (sanitaires, politiques car dans le film le président des Etats-Unis est mort…etc) ne sont pas si rares et qu’elles sont devenues une sorte de donnée de notre monde.

La fin est moins idéaliste et  moins simpliste que dans la plupart des films de ce genre. Je vous le conseille donc, à voir de préférence au cinéma pour bien ressentir l’immersion et les frissons qui vont avec. Si quelqu’un est allé le voir en 3D je serais curieuse de connaître son avis!

Kheira

 

Le temps n’est rien ( The time traveler’s wife) d’Audrey Niffenegger

Ce besteller a été adapté au cinéma en 2009

Ce besteller a été adapté au cinéma en 2009

J’ai vu il y a quelque années l’adaptation cinématographique du livre avec Rachel McAdams et  Eric Bana que j’avais beaucoup aimé! Je vous déconseille en revanche de regarder la bande-annonce car elle contient un spoiler important. J’ai donc eu envie de lire le livre qui en était à l’origine. Il raconte une histoire d’amour assez originale entre Claire et Henry un homme qui voyage dans le temps (à différents moments de sa propre vie) sans pouvoir maitriser cette « maladie ». Il s’agit donc d’une sorte de mélodrame fantastique. Le récit alterne les points de vue de Claire et Henry. À travers leur histoire d’amour compliquée l’auteure évoque des thèmes comme le libre-arbitre, la solitude et l’attente par exemple.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère générale du livre (et du film qui lui est très fidèle). Je me suis beaucoup attachée aux personnages, j’ai en particulier beaucoup aimé les descriptions de Claire et d’Henry à toutes les étapes de leurs vies au gré des visites d’Henry (enfance, adolescence…). J’ai également apprécié les références culturelles (musicales…etc) distillées au gré des voyages dans le temps d’Henry. À travers leur histoire, le lecteur est amené à réfléchir sur sa propre vie: doit-on vivre une histoire d’amour si on est sûr de souffrir? Est-on prêts à attendre une personne durant plusieurs jours voire semaines pour passer quelques instants avec elle? Sur ces aspects là le livre renvoie à de nombreux classiques tels que L’Odyssée d’Homère ou encore La peau de chagrin d’Honoré de Balzac.

Une promotion du Chicago way of life?

Cependant ce livre présente certains défauts. En effet, il contient de nombreuses longueurs. Elles sont dû à des descriptions souvent répétitives de Chicago, son architecture, ses restaurants, ses lieux touristiques et culturels… À cela s’ajoutent  d’autres descriptions très « cocooning » de scènes de repas et de fêtes s’apparentent parfois une promotion agaçante de l’american way of life.

 

Scène de l'adaptation cinématographique Claire a 18 et Henry une quarantaine d'année

Scène de l’adaptation cinématographique Claire a 18 et Henry une quarantaine d’années

 

Kheira

Man of Steel de Zack Snyder

Affiche de Man of Steel

Affiche de Man of Steel

Vu en V.O et en 2D.

Le début  du film sur la planète Krypto m’intéressait particulièrement à cause de présence de Russell Crowe  (que j’admire énormément) dans le rôle de Jor-El! Je ne suis pas déçue le début est très réussi. Ensuite, une atmosphère sombre et grave s’installe assez longuement. Elle  est traduite à l’écran par un ciel presque toujours gris, des teintes grises et une image assez froide. On suite la quête d’identité de cet homme barbu et solitaire. Sa personnalité est développée notamment à travers de très nombreux flashbacks illustrant toutes les difficultés qu’il a eu à s’adapter à la vie humaine. De nombreux thèmes sont évoqués: la solitude, la marginalité, le secret, l’idée de la présence d’un intrus, de l’acceptation ou le refus de la différence… et bien sûr l’espoir pour équilibrer tout cela! En choisissant de mettre l’accent sur la fragilité et les doutes du « héros » le scénario ne fait pas preuve d’originalité, en effet ces dernières années la phase sombre des superhéros est un thème dominant (Dark Knight Rises de Christopher Nolan par exemple).

     C’est au bout d’une heure trente de film que l’action et les effets spéciaux débarquent en masse. Et ils sont très réussis! On sent bien la volonté d’équilibre entre blockbuster et réflexion cela donne un film empreint de gravité et très beau visuellement. Les acteurs sont bons notamment Michael Shannon en méchant. J’avais un peu peur que Henry Cavill manque de charisme mais non, son interprétation est très bonne!

     Pour moi cette nouvelle version de Superman réussit donc à trouver sa place dans les films de superhéros moins pompeuse que Dark Knight Rises et plus sombre qu’Iron Man par exemple. Je vous le conseille comme un bon divertissement!

Jor-El (Russell Crowe), Lara (Ayelet Zerer) et le petit Kal-El alias Clark Kent

Jor-El (Russell Crowe), Lara (Ayelet Zerer) et le petit Kal-El alias Clark Kent

Kheira

The Bling Ring de Sofia Coppola (2013)

Jeudi après-midi, je suis allée voir The Bling Ring au cinéma en VO. J’ai beaucoup aimé. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre mais j’ai été vraiment surprise. Au départ j’y suis plus allée pour Emma Watson. Mais sous la surface bling bling et pleine de strass et de paillettes, il est facile de gratter un peu et de trouver ce que Sophia Coppola a voulu nous faire passer par son film.

Pour ceux qui ne connaissent, ce long métrage est inspiré de faits réels. Un gang de plusieurs adolescents s’infiltre dans des résidences de célébrités (Paris Hilton, Orlando Bloom, Lindsay Lohan, etc.) pour leur voler vêtements, chaussures, bijoux et argent. Nous suivons donc le parcours de ces adolescents depuis la formation de ce groupe jusqu’à leur procès et leur emprisonnement.

Comme souvent dans les films de Sofia Coppola, le grand thème est la jeunesse dorée ainsi que l’adolescence. Au début du film, nous découvrons le seul garçon de la bande qui est le petit nouveau du lycée. Il cherche à tout prix à s’intégrer. Mais cette poursuite de reconnaissance va l’emmener dans une chute vertigineuse où se mêlent drogue, vols, alcools et amours déçus. Nous assistons à l’entrée de ces jeunes gens dans ce cercle vicieux. Au départ ce sont de petits larcins mais plus nous avancons dans le récit plus les vols deviennent préméditer et conséquents. Sur l’écran ce n’est pas une Amérique édulcorée qui nous est donnée à voir mais bien l’autre côté du miroir. La technologie et internet sont omniprésents. Les adolescents postent à tout va leurs instantanés. Nous assistons également à une course à la célébrité ainsi qu’à la reconnaissance. D’ailleurs, Nicki (jouée par Emma Watson) va se servir du procès pour arriver à ses fins en utilisant les médias. Ils suivent des modèles creux où les apparences imposent leurs dictats. Les parents semblent avoir un rôle inexistants. Ils se cachent derrière des apparences et ne semblent pas plus mature que leur progéniture. Ce film est beaucoup profond et plein de sens qu’il n’y parait au premier abord.

La réalisatrice a su insérer le long du film des signes prémonitoires à la chute du Bling Ring : des sirènes de police au loin, un accident de voiture, etc. Ces adolescents sont comme nous avons été à se croire invincibles et immortels. Certains vont comprendre à leur dépend que ce n’est pas le cas et que nous sommes tous égaux face aux malheurs. Sofia Coppola place la spectateur à différentes places et dans différents rôles. Grâce à la caméra portée nous nous retrouvons au milieu du groupe comme si nous étions l’un deux. Parfois nous passons de l’autre coté du miroir en voyant la scène à travers les caméras de surveillance. J’ai trouvé la mise en scène et la façon de filmer très intéressante. Au niveau photographie, le film est une réussite. La bande son est extra. Elle est surtout composée de morceau de rap. Cette musique donne un rythme assez soutenu et durci le ton du film. Au niveau du casting, voir Emma Watson dans ce type de rôle ne fait qu’accentuer mon admiration pour elle. Elle est méconnaissable. La plus belle révélation est à mon sens Israel Broussard qui joue le seul garçon de la bande. Un très bon acteur, très juste. C’est d’ailleurs le personnage le plus émouvant et celui auquel on s’attache le plus.

Quelques réserves ont quelque peu entaché ma séance. Le film devient lent a 30 minutes de la fin au moment des perquisitions, du procès et des incarcérations. Cette partie m’a moins intéressé et aurait mérité d’être moins bâclée.

Voilà un film que j’ai apprécié. Dommage que Sofia Coppola ne soit pas allée plus en profondeur dans son sujet et que le récit s’essouffle sur les dernières minutes.

Pour vous faire une meilleure idée vous pouvez également lire l’avis de Coquelicote que ce film n’a pas emballé :

L’équipe au 66e Festival de Cannes (2013)

Fanny

Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann (2013)

Quelques années après sa rencontre avec Jay Gatsby, nous retrouvons Nick Carraway dans un sanatorium. Le thérapeute qui le suit lui conseille de mettre par écrit son histoire lié à ce mystèrieux personnage afin de pouvoir extériorisé tous les sentiments qui l’ont marqué durant cette période. C’est comme ceci que débute le film. Ce long métrage est très fidèle au roman de F. Scott Fitzgerald (sauf le sanatorium). Nick est d’ailleurs le narrateur. Il nous raconte son histoire et donc celle de Gatsby.

Comme dans le roman, pendant plusieurs dizaines de minutes Gatsby n’est qu’une ombre. Mais ma première rencontre avec lui va rester inoubliable. Ce visage d’ange avec ce regard franc me marquera pour longtemps. Jusqu’ici je n’étais pas particulièrement admirative de Léonardo DiCaprio.  Mais dans ce rôle, il est magistral à la fois mystérieux, torturé par son passé et l’amour qu’il porte à Daisy mais aussi plein d’extravagance. Il m’a fait découvrir un Gatsby touchant que j’ai réussi à comprendre. Je ne parle même pas des autres acteurs qui sont juste excellents.

Malgré le fait que je connaisse déjà la fin, elle a réussi à m’émouvoir et à me tirer les larmes jusque dans la voiture pour repartir du cinéma. Je pense en garder un fort souvenir. Comme dans le roman, les soirées incroyables données par Gatsby m’ont embarqué dans ces années folles et m’ont marqué.

La mise en scène est originale et très personnelle de la part du réalisateur. Elle nous donne à voir cette histoire d’une façon différente tout en restant proche de l’œuvre originelle. J’ai vraiment retrouver la patte et le savoir-faire de Baz Luhrmann. Ça fait du bien de voir qu’encore aujourd’hui avec le tas de films qui sort chaque semaine certains savent faire preuve de modernité et savent nous donner leur vision d’une œuvre littéraire.

A propos des costumes et des décors il n’y rien à redire. La mode de l’époque est bien respectée malgré quelques modernités. Mais comme je le disais ceci fait partie de la personnalité du réalisateur donc tout ceci reste cohérent avec l’ensemble. D’ailleurs, la photographie est pleine de couleurs que ce soit par les costumes, les décors, les voitures, les soirées de Gatsby. On en prend vraiment plein les yeux. La musique contemporaine (Jai-Z, Beyonce, Lana del Rey, etc.) mêlée aux jazz et à la musique classique m’a vraiment impressionné. C’est encore une fois cohérent avec l’univers de Baz Luhrmann donc j’adhère totalement. J’ai eu l’impression d’un véritable dépoussiérage.

Mon avis est dithyrambique mais, au risque de me répéter, j’ai trouvé les choix du réalisateur très bons et cohérents. Tout ce à quoi je m’attendais était présent : des acteurs à la hauteur, de la couleur, de la musique, une mise en scène très personnelle. J’ai été servie puisque j’en ais pris plein les yeux et les oreilles. C’est très rare que cela m’arrive mais vraiment je me suis pris une claque. J’ai eu sous les yeux une nouvelle vision de ce classique. Je pense que ce film me suivra pour longtemps. D’ailleurs, je le reverrais avec grand plaisir à sa sortie en DVD. Depuis ma lecture du roman, la vue de ce film et la lecture de la biographie romancée de Zelda, j’ai très envie d’en découvrir plus sur l’œuvre et la vie du couple Fitzgerald. Je relirais également le roman mais dans une autre traduction puisque le style m’avait gêné.

Mon avis sur le roman :

L’équipe au 66e Festival de Cannes (2013)

 

 

 

Fanny

A Royal Affair (2012)

Je ne fais pas souvent de chronique cinéma mais j’ai beaucoup aimé ce film et je pense qu’il pourrait intéresser pas mal de lecteurs de ce blog.

Nous sommes en 1766 lorsque Caroline Mathilde de Hanovre (fille du Prince de Galles) quitte son Angleterre natale pour rejoindre le Danemark où elle est promise au roi Christian VII. Mais ce dernier est connu comme étant atteint de troubles mentaux qui font de lui un roi fantoche. C’est en réalité un conseil restreint qui gouverne. Lui ne fait que signer les décisions d’une poignée d’hommes. Comme vous le devinerez surement Caroline ne supporte pas son époux. Elle est la plupart du temps malheureuse. Elle consent à lui faire un héritier pour sauver les apparences. Puis Christian décide de faire un tour d’Europe durant un an. Mais ces troubles s’aggravent alors un médecin, Johann Friedrich Struensee, lui est attitré. Ce dernier sera ramené au Danemark et fera la rencontre de la reine. Leur deux esprits humanistes des Lumières vont s’unir et vont changer le sort de tout un pays.

Ce film est intéressant historiquement parlant. Nous découvrons une partie de l’histoire de ce pays trop méconnue. On découvre au départ une nation ravagée par les épidémies, la pauvreté, la saleté. Caroline et Johann vont faire avancer le Danemark vers la modernité. Les idées de Rousseau et de Voltaire ont bien voyagé et inspirent ces deux personnages. Même s’ils n’arriveront finalement pas à renverser la tendance conservatrice, ils auront au moins le mérite de transmettre à la génération suivante l’envie de mettre en place les préceptes des Lumières.

Cette facette politique est doublée d’une histoire d’amour tragique. Nous suivons la découverte de sentiments, une scène de bal magnifique, une relation tenue secrète tant bien que mal et une fin magnifique. Il y a de nombreux moments de tension, de joie, de tristesse, d’appréhension.

La photographie est une réussite. Des images sublimes défilent sous nos yeux : entre paysages, monuments et décors d’intérieurs. Je ne parle même pas des costumes et des superbes robes de Caroline. Les acteurs sont toujours justes. Mikkel Boe Folsgaard joue le rôle difficile à tenir du roi fou mais ne tombent jamais dans le pataud. Mads Mikkelsen (voir images ci-dessous) et son visage torturé nous tireraient presque des larmes. Il est magistral. Alicia Vikander, alias Caroline, joue parfaitement cette reine complétement bridée par les convenances et son mariage mais déterminée à changer les choses.

Pour moi, tous les ingrédients d’un bon period drama ou d’un bon film historique sont réunis. Ce film est aussi divertissant, instructif que beau. A voir!

    

      

    

   

Vu dans le cadre du challenge « Au service de… » de mon amie Claire du blog The Frenchbooklover.

Fanny

Films vus en mars par Kheira (2)

NoNo de Pablo Larrain: Ce film mérite le coup d’oeil rien que pour son sujet. Il décrit la campagne du référendum de 1988 qui a entraîné le départ du pouvoir d’Augusto Pinochet. Ce référendum que tout le monde imaginait gagné d’avance a été organisé uniquement pour conserver la bienveillance de la communauté internationale. Le film est réalisé un peu à la manière d’un documentaire, on a réellement l’impression de suivre René le personnage  qui est en fait un mixe de plusieurs publicitaires ayant travaillé au service du No. Durant les scènes de travail on peut voir que cette l’équipe mise sur des slogans prônant la joie de vivre, promettant un avenir meilleur, coloré, acidulé. Il y a un certain conflit de générations car certains opposants de longue date au régime souhaitent davantage de dénonciations de crimes (disparitions, enlèvements…).  Les tentatives d’intimidations ponctuent également le film jusqu’à la victoire finale du No.

Les amants passagersLes amants passagers de Pedro Almodovar: J’attendais impatiemment ce nouvel Almodovar un de mes réalisateurs préférés! Je n’ai pas été déçue:il est très drôle. Cela m’a fait plaisir de retrouver Javier Camara dans un rôle attachant cette fois ci contrairement à l’effrayant Benigno de Parle avec elle. Le huis-clos dans l’avion est très bien mené. Les quelques scènes en dehors de l’avion captivent moins. On y retrouve des thèmes récurrents d’Almodovar comme l’amour et le bonheur dans le couple quelques soient les orientations sexuelles, le mensonge… Quelques scènes sont quasiment similaires à celles de ses précédents films, on voit par par exemple une femme abandonnée jetant les affaires de son ex par la fenêtre comme dans Etreintes brisée. Le film est également riche en  éléments de la vie du réalisateur, ainsi l’avion tourne en rond au dessus Tolède en Castille-La Manche sa région d’origine. Je pense retourner  voir ce film tant il m’a plu!

Jack le chasseur de géantsJack le chasseur de géant en 3D de Brian Singer: Le film qui n’est pas désagréable à regarder. On trouve quelques grands acteurs dans des seconds rôles (Ewan Mcgregor, Ian Mcshane) autour du  jeune Nicolas Hoult qui semble à la mode (également à l’affiche Warm Bodies). Les méchants sont caricaturaux par exemple Roderick le méchant conseiller du roi! La 3D est malheureusement ici moins bien exploitée que dans Le magicien d’Oz dont je parlais dans un précédent article! Aussitôt vu aussitôt oublié.

Le premier hommeLe premier homme de Gianni Amelio:

Il s’agit d’une adaptation très sage et très fidèle du roman autobiographique d’Albert Camus. Les acteurs sont bons notamment Jacques Gamblin et Denis Podalydès. Le film mérite d’être vu car il illustre la situation complexe dans laquelle se trouve Albert Camus vis à vis de la guerre d’indépendance algérienne.

Et vous qu’êtes-vous allés voir dernièrement? Que comptez-vous aller voir cette semaine?

Kheira