Films vus en Mars par Kheira (1)

Amour

Amour

Amour de Michael Haneke: Un cinéma de ma ville a eu la bonne idée de remettre quelques séances dans la foulée des prix remportés en février par ce film. Je dois avouer qu’au moment de sa sortie je n’ai pas eu le « courage » d’aller le voir, il me semblait trop déprimant. Il faut dire que les choses sont claires dès le générique (sans musique) on voit le sort final des personnages. Ensuite le film est un flash-back qui montre la vie de ce couple bourgeois passionné de musique. Au début j’ai trouvé leur façon de s’exprimer un peu trop « théâtrale » tous les mots semblent trop bien articulés, posés mais cette impression s’est dissipée au bout d’un moment. Compte tenu du sujet j’ai trouvé le style très froid, clinique de Michael Haneke très adapté. Il décrit parfaitement les aggravations progressives de l’état de santé de Anne. Il montre également la volonté d’isolement et d’extrême discrétion du couple face aux (rares) visites ou questions de leur entourage comme l’illustre très bien l’ambiance gênée lors de la visite d’un ancien élève devenu un pianiste célèbre. Isabelle Huppert interprète très bien le rôle de la fille unique de ce couple qui en peu de scènes traduit l’incompréhension, le décalage entre ses préoccupation et celles de ses parents et surtout l’impuissance face à cette situation. Les deux acteurs principaux Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont excellents, Jean-Louis Trintignant transmet parfaitement une certaine expression menaçante. Le générique de fin est comme celui du début sans musique et nous laisse sur une impression glaçante.

Au bout du conte

Au bout du conte

Au bout du conte d’Agnès Jaoui: Ce film m’a plu davantage pour son ambiance féérique (sans aucun élément surnaturel) que pour ses histoires pas toujours très « dramatisées ». Beaucoup de personnages sont personnages attachants comme Sandro ou Clémence. En revanche le personnage « principal » Laura interprété par Agathe Bonitzer est un peu agaçante, semblant en permanence insatisfaite. Quelques éléments m’ont semblé peu clairs comme la remarque de Laura sur la vie « très libre » de sa tante ce qui est loin d’être évident dans le film. Les acteurs sont bons, on peut particulièrement souligner les prestations de Benjamin Biolay dans le rôle du loup à la fois séduisant, classe et effrayant et Jean-Pierre Bacri dans celui du râleur plus il râle plus il me plaît!

Hansel et Gretel

Hansel et Gretel

Hansel et Gretel de Tommy Wirkola: Ce divertissement m’a franchement déplu. Avec ses instruments modernes anachroniques tel une sorte d’électrocardiogramme, son troll au grand coeur… bref les éléments ajoutés à l’histoire dorigines ne m’ont pas convaincu. Les acteurs Gemma Arterton et Jeremy Renner  font ce qu’ils peuvent pour porter le film mais c’est insuffisant. En outre les personnalités des sorcières ne sont pas suffisamment développées, la scène de séduction près du lac entre une sorcière et Hansel est je l’espère pour le réalisateur une parodie. Le générique du film , le jeune personnage de « fan » avant l’heure sont quelques rares éléments positifs bienvenus. J’espère que la suite (qui est déjà prévue) sera de meilleure qualité.

Lore

Lore

Lore de Cate Shortland: La bande-annonce m’avait intéressé par son contexte (la chute des nazis vu du point de vue d’une famille qui adhère à ses idées et dont le père a exercé des fonctions au sein du régime). De plus l’ambiance semblait  particulière et encore intensifiée par la rencontre entre Lore et un jeune homme qui se présente comme rescapé des camps. J’ai été assez surpise par les nombreuses scènes assez crues et dures (cadavres, lutte pour la nourriture..). La lutte de Lore pour se rendre chez ses grands parents tout en protégeant ses frères et soeurs dont un bébé est forcément émouvante. L’influence du jeune homme sur cette fratrie et la fascination qu’il exerce sur eux est intéressante. La fin illustre bien les conséquences de ces évènements sur la personnalité de Lore. Il s’agit donc d’un film âpre dont le fond est adouci par une manière de filmer assez…douce.

20 ans d'écart

20 ans d’écart

20 ans d’écart de David Moreau: Comédie française très fraîche, acteurs sont bons particulièrement Pierre Niney (que j’avais déjà apprécié dans Comme des frères) qui a une pêche, des allures de gaffeur. Les personnages secondaires son très réussis également et hauts en couleur. J’ai particulièrement ri devant la scène lors de laquelle le père de Balthazar (joué par Charles Berling) tente de se faire passer pour un alcoolique déprimé!

Le monde fantastique d'Oz

Le monde fantastique d’Oz

Le monde fantastique d’Oz de Sam Raimi: Pour une fois la 3D est utilisée à très bon escient et cela fait plaisir! Le film est fidèle à l’esprit de l’histoire du magicien d’Oz. Il débute un peu lentement, le temps de mettre en place tout cet univers, les choses s’accélèrent heureusement dans la seconde partie du film donnant lieux à des combats particulièrement originaux. Humour est très présent notamment à travers le personnage du magicien incarné par James Franco à la fois séduisant et un peu agaçant aussi! Cela reste assez optimiste et gentillet il ne faut s’attendre à quelque chose sombre ou de violent.

Films vus en Janvier/Février

 

N’étant pas trop inspirée  pour rédiger une longue critique des films que je vais voir je vous propose une série de très brèves impressions sur les films que j’ai vu récemment! Ce type d’article sera désormais mis en ligne tous les 15 jours.

La stratégie de la poussette:

J’avoue que je suis surtout allée le voir pour Raphaël Personnaz que j’apprécie depuis La princesse de Montpensier. Ce film a été une réelle déception, il n’y a aucune originalité, je me suis ennuyée devant cette histoire improbable.

 

Le monde de Charlie: 

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky

 

Un film très émouvant qui parle à tout le monde je pense. Il parvient à éviter la plupart des clichés sur l’adolescence. Ce que j’ai apprécié c’est qu’il ne fait pas trop « classe moyenne américaine », il parait au contraire vraiment universel. Les trois jeunes acteurs sont très bons!

 

 

 

Alceste à bicyclette:

Premier film vu après mes partiels et je dois dire que j’ai été assez déçue, je m’attendais à des répliques plus acérées, une étude un peu plus profonde des deux personnages principaux. Le film traîne beaucoup trop en longueur! J’ai en revanche trouvé Fabrice Luchini épatant (comme souvent) il prend largement le dessus sur Lambert Wilson dans ce rôle de misanthrope entier et passionné par son métier.

 

Renoir:

Renoir film de Gilles Bourdos

Renoir film de Gilles Bourdos

Le film vaut surtout pour sa très belle photographie et son atmosphère. Il ne s’y passe pas grand chose mais de toute façon je ne suis pas allée le voir pour voir un film d’action! J’ai particulièrement aimé quelques scènes assez simples très émouvantes comme celle du retour de Jean blessé à la guerre accueilli par toutes les « femmes » de la maison (qui sont tour à tour modèles, servantes, nourrices…) ou encore la scène de l’avion toujours avec Jean. Le gros bémol ce sont les deux jeunes acteurs qui jouent bien mais parlent d’une façon qui ne correspond pas du tout à l’époque du film.

 

La Parade:

Il s’agit d’un film assez surprenant dans lequel tout est exagéré,parodié et cela fonctionne pour ma part j’ai pas mal ri!

Zero Dark Thirty:

L’interprétation de Jessica Chastain est très bonne toute en sobriété. La première partie est prenante elle retrace plusieurs années de traque centrée sur le Pakistan mais pas uniquement. Mais ensuite lorsque la maison est identifiée comme celle de Ben Laden plus d’une heure avant la fin et que l’on assiste à de multiples négociations j’avoue que j’ai trouvé le temps long!

Hapiness Therapy:

J’avais beaucoup aimé la bande annonce et je crois j’ai été un peu victime de la stratégie de com’ des frères Weinstein! J’attendais beaucoup de ce film et j’ai été plutôt déçue! L’histoire est prenante,les problèmes psychologiques des personnages ne sont pas caricaturés mais il manque un petit quelque chose de plus peut être dans les dialogues. J’ai trouvé que Robert De Niro avait pris un sacré coup de vieux mais son jeu est toujours à la hauteur et j’adore sa tenue improbable à la fin du film! J’ai perçue la fin du film comme un « hommage » aux comédies romantiques!

Django Unchained:

Le film se divise en trois grandes parties:la partie chasseur de primes/le séjour à Candy Land et une troisième durant laquelle le suspense est totalement relancé.  J’ai apprécié les effets de styles qui rendent hommage aux vieux western (notamment les lettres écrites en rouge vif) ainsi que la première partie. J’ai en revanche trouvé la partie du milieu très longue (même  si la lenteur est volontaire de la part de Quentin Tarantino) j’ai surtout trouvé que Léonardo Di Caprio et Christoph Waltz se sont mis à deux pour reprendre le rôle de ce dernier dans Inglourious Basterds. Les discussions et les manipulations interminables autour d’une boisson ou d’un repas ont fini par me lasser. Heureusement que dans la dernière demi-heure le suspense et l’action sont relancés! Je garde donc une impression mitigée de ce film!

Lincoln:

Etant étudiante en Histoire j’ai eu la chance d’étudier le contexte dans lequel le film se déroule! L’interprétation de Daniel Day Lewis est excellente j’ai également beaucoup aimé celle de Sally Field qui joue l’épouse du président. Le film mêle habilement la lutte politique et la vie privée assez sombre du président marqué par la mort d’un de ses fils. Je pense que le film aurait gagné à être un peu plus court mais  il possède un souffle qui maintient  l’intérêt et je dirais presque le suspense même si a fin est connue! Spielberg a le don de nous emporter dans cette lutte pour l’abolition de l’esclavage! J’ai été particulièrement émue par une « chute » liée au personnage interprété par Tommy Lee Jones!

Hitchcock:

Un bon petit film avec de très bons acteurs. Helen Mirren est géniale, Anthony Hopkins est métamorphosé au sens propre et pour une fois Scarlett Johansson ne joue pas un personnage trop appuyé sur son sex-appeal! Il évoque la réalisation du film Psychose mais effleure aussi des thèmes plus complexes comme sa relation avec sa femme et  l’obsession d’Hitchcock pour certaines de ses actrices. Dommage que cet aspect ne soit pas davantage creusé! Le film donne surtout envie de revoir Psychose que j’ai vu il y longtemps. Un subtil humour se glisse surtout vers la fin du film! 

Transylvanie:

Le dessin animé reprend habilement de nombreux « blagues » en modifiant le point de vue Monstres/Humains. Les personnages sont sympathiques mais les thèmes (mère décédée, passage à l’âge adulte et émancipation) ne sont pas révolutionnaires!

Flight:

C’est un film très original car c’est un un blockbuster mais traite de l’alcoolisme de façon assez intimiste. J’ai trouvé la fin plutôt surprenante mais je ne vous en dis pas plus. Denzel Washington est très bon tout comme Keilly Reilly qui semble vouloir casser son image interprétant un personnage marginal et drogué.

 

Wadjda:

Wadjda de Haifaa Al Mansour

Wadjda de Haifaa Al Mansour

 

Un film qui raconte avec beaucoup d’humour comment une jeune fille tente de se jouer des … de la société saoudienne pour parvenir à ses fins! La jeune actrice est très douée, dynamique et rigolote!

 

 

 

N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de ces films (certains sont encore à l’affiche). Je vous rappelle que ce type d’article sera désormais un rendez-vous bimensuel!

Kheira

Cheerful Weather for the Wedding (2012)

Ce film est une adaptation du livre de Julia Strachey Drôle de temps pour un mariage. Le casting réunit entre autres Felicity Jones (Cemetery Junction, Northanger Abbey), Elizabeth McGovern (Downton Abbey) et Luke Treadaway.

L’histoire se déroule sur une unique journée de 1932 : celle du mariage de Dolly. Seulement tout ne se passe pas comme prévu. Dolly reste enfermer dans sa chambre feignant de ne pas être encore prête. Cependant, elle est en pleine réflexion à propos de son mariage. A-t-elle fait le bon choix de se marier avec un autre homme que celui avec qui elle a vécu une belle histoire d’amour le temps d’un été? Toute sa famille l’attend au rez-de-chaussée ainsi que son ex-amant qui souhaite la reconquérir persuadé que Dolly a encore des sentiments pour lui.

J’ai trouvé ce film très beau. Une histoire d’amour comme on les aime. A la fin du film, j’ai comme ressenti un goût d’inachevé. Au final, l’été que Dolly et Joseph ont partagé ensemble a-t-il de la valeur? Tout aurait pu être différent si seulement les circonstances l’avaient voulu. Une pointe d’amertume et un goût doux-amer se glissent. Ce sentiment est appuyé par les nombreux flashbacks qui ponctuent le récit. La nostalgie de ce fameux été est omniprésente.

Felicity Jones est sur le point de devenir une de mes actrices favorites. Quel jeu elle a dans ce film! Magnifique. Les costumes sont superbes. Un ambiance particulière avec un humour so british.

Je ne dirais rien de plus de peur de vous gâcher le plaisir. Je ne peux que vous le recommander pour accompagner vos froids dimanches après-midis.

   

    

    

    

Fanny

Le cinéma revient-il à des valeurs plus traditionnelles?

La vie d'une autre

Affiche de la vie d’une autre de Sylvie Testud (2012)

J’ai remarqué récemment de nombreux films qui traitent de l’infidélité,des déceptions amoureuses qui finissent avec un couple ou une famille qui reste soudés malgré tout. Le pardon semble revenir « à la mode ». La famille reste ou redevient un élément essentiel à sauver, une valeur « refuge » pour utiliser une formule clichée. Pour évoquer ce thème  je n’ai évidemment pas retenu les comédies romantiques ou les films d’époque. J’ai sélectionné quelques films de 2011 et 2012 de plusieurs nationalités.

360

Jude Law et Rachel Weisz dans 360 de Fernando Meirelles (2012)

(In)fidélité

Je n’ai pas vu le film collectif intitulé Les Infidèles mais le côté film à sketch et comédie ne le fait pas trop entrer dans la catégorie que je souhaite évoquer.

Je commence par L’art d’aimer d’Emmanuel Mouret sorti en novembre 2011. Ce film évoque la trajectoire de nombreux couples et leurs aventures amoureuses. Il est finalement assez gentillet,il montre entre autre  la fidélité d’un couple marié,les difficultés à faire le premier pas. Dans d’autres films français de ce type on assiste souvent à une sorte de « tout le monde couche avec tout le monde ».

L’adultère mène visiblement à la culpabilité,la souffrance. Comme dans 360 de Fernando Meirelles avec par exemple le personnage joué par Anthony Hopkins dont la fille fait une fugue après avoir découvert la double vie de son père. Le personnage joué par Jude Law se résout à la fidélité après une tentative ratée d’avoir recours à une prostituée. Son épouse jouée par Rachel Weisz décide de mettre fin à son aventure avec un homme plus jeune. Le personnage joué par Jamel Debbouze fait également « le choix de la raison ». Donc ce film choral sur l’amour et les multiples possibilités qui se présentent laisse une impression de « conservatisme ». On peut remarquer que les critiques n’adhèrent pas et critiquent le film pour son aspect moralisateur.

La vie d’une autre de Sylvie Testud qui raconte l’histoire d’un femme qui se réveille 15 ans après sa rencontre avec l’homme de sa vie. Elle découvre alors qu’ils sont au bord de la rupture. Le film plaide finalement pour le fait de sauver son couple.  L’homme de ce couple accorde en outre une place importante à sa famille notamment Jeanne sa cousine et collaboratrice (ce que son épouse n’accepte pas). Enfin ses propres parents sont un couple finalement plus uni qu’elle ne l’imagine.

On peut enfin évoquer Lady Vegas le dernier film de Stephen Frears qui se déroule à Los Angeles (la cité du vice par excellence) et dans l’univers  des paris sportif. On aurair pu s’attendre à une critique au vitriol de cet univers mais on assiste finalement à un film très gentillet. On nous montre un couple Catherine Zeta Jones-Bruce Willis qui recolle les morceaux afin de retrouver leur bonheur conjugal. Ils veillent également avec bienveillance sur un jeune couple.

L’éloge de la famille

Starbuck de Ken Scott traite d’un thème assez trash (le don de sperme à l’excès),avec une bande annonce qui insiste sur le côté burlesque de la situation. En fait c’est la famille et les valeurs qu’elle nécessite (solidarité,responsabilité..) qui sont célébrées à l’envi. Les multiples enfants de Starbuck/Davis sont vus comme une vraie chance voire bénédiction.

Starbuck

Tous les enfants de Starbuck

Ce retour à des valeurs traditionnelles peut être lié à l’actualité (les difficultés économiques,la solitude des familles monoparentales).

Il s’agit sans doute également d’un retour de balancier dans le monde artistique. En effet le cinéma et les personnes qui gravitent autour ont souvent donné l’image d’avoir des moeurs très libres,d’être en avance sur la société. Aujourd’hui les cinéastes ont sans doute envie d’aller au delà de cette vision désormais classique est d’évoquer les thèmes de la solidité des liens familiaux et du pardon notamment.

Et vous avez-vous eu cette impression récemment?Pensez-vous que la fidélité et la famille soient redevenues des valeurs centrales au cinéma?

 

Keira

Pour mieux nous connaître: nos period drama favoris (sélection de Keira)

Guerre et Paix (2007)

Orgueil et préjugés (1995)

Les liaisons dangereuses (1988)

La princesse de Montpensier (2010)

Emma (2009)

Raison et sentiments (1995)

Jane Eyre (2011)

Nord et Sud (2004)

 

Autant en emporte le vent (1939)

La reine Margot (1994)

Dans la maison de François Ozon

L’affiche du film actuellement au cinéma

J’avais hâte de découvrir le nouveau film de François Ozon,réalisateur que j’apprécie particulièrement pour 8 femmes (2001) et Angel (2007). J’aime beaucoup Fabrice Luchini et j’avais envie de voir Denis Ménochet en père de famille moustachu et Emmanuelle Seigner que je trouve trop rare au cinéma. Je ne demandais donc qu’à entrer dans la maison! Hélas j’en suis sortie plutôt déçue.

Une nouvelle Madame Bovary?

Le parti pris de la première moitié du film est de vouloir absolument nous montrer l’intérêt d’analyser les familles de la classe moyenne et leurs névroses avec comme modèle absolu Madame Bovary (1857). Or ce thème a déjà été évoqué (avec talent) de multiples fois au cinéma ces dernières années notamment par l’américain Sam Mendes (American Beauty,Les noces rebelles) par exemple. J’ai donc eu du mal à me passionner pour cette famille « Rapha ». Le quotidien de couple bobo formé par Kristin Scott Thomas ( qui interprète une responsable d’une galerie d’art contemporain)  et Fabrice Luchini n’aide pas non plus!

Une réflexion sur l’imaginaire plus intéressante

Toutefois vers la fin du film les limites entre événements vécus et fiction deviennent de plus en plus floues. C’est l’occasion de rendre un bel hommage à la littérature et à l’imagination. J’ai donc trouvé cette partie plus intéressante. L’appréciation de la fin est assez subjective pour ma part elle m’a plu,elle va au bout de cette idée de rendre hommage à l’imagination.

Mais globalement je pense que j’attendais un peu trop de ce film qui n’est pas si original qu’il en avait l’air selon moi.

Keira

Funny Face ou Drôle de Frimousse avec Audrey Hepburn et Fred Astaire (1957)

Il s’agit d’une comédie musicale américaine de 1957 réalisée par Stanley Donen.

L’histoire débute dans les locaux d’un magazine de mode. Après plusieurs essais de photoshoot, la rédactrice en chef décide d’en réaliser un dans une librairie de philosophie malgré l’interdiction de l’employée jouée par Audrey Hepburn. Cette dernière se fait finalement remarquer et finit par se laisser embarquer à Paris pour faire des photos de mode.

J’ai souvent du mal avec les films de cette époque. Mais Drôle de Frimousse m’a définitivement réconcilié avec le cinéma des années 50. Malgré la longueur d’une scène de danse au café, j’ai tout aimé. Tout d’abord Audrey Hepburn, dont c’est le premier film que je vois, est juste sublime. Je l’aime beaucoup en petite libraire philosophe. Les thèmes abordés : l’amour, la mode, les magazines, la reconnaissance de ses erreurs, la comédie musicale, les chansons, la danse, Paris m’ont beaucoup plu. Pour faire simple, j’ai trouvé ce film très beau!

De plus, on peut entrevoir une critique du monde de la mode. Au début du film, l’équipe du magazine est à la recherche d’un mannequin qui sait penser et qui n’est pas seulement capable de prendre des poses à la limite du ridicule.

Un bon moment de cinéma plein de gaieté et de bonnes ondes!


Fanny

Never let me go de Kazuo Ishiguro

Comme souvent le livre a été réédité avec l’affiche du film

Never let me go traduit en français par Auprès de moi toujours est un roman de Kazuo Ishiguro (auteur du célèbre Les Sentiers de la perdition). Publié en 2005 c’est sans doute l’un des romans contemporains les plus troublants.

Il s’agit d’un roman de science fiction qui se déroule dans l’Angleterre de la seconde moitié du XXè siècle c’est donc une uchronie. L’histoire nous est racontée par Kath à la fin des années 1990. Le thème est particulièrement sensible puisqu’il s’agit d’enfants puis adolescents élevés dans le but donner leurs organes au reste de la population. Ils sont élevés dans la campagne anglaise isolés de tout et semblent accepter leur sort avec une résignation dérangeante. C’est là toute la prouesse de l’auteur,l’histoire nous est racontée comme si le destin des personnages était une évidence. Du moins du point de vue de Kath leur vie est assez banale,elle s’attache à nous retranscrire ses souvenirs avec de nombreux détails. La mémoire est  en effet un des thèmes principaux du livre. Ce qui hante Kath c’est de savoir quand elle a su que son destin était d’être une donneuse d’organe pour finalement se rendre compte qu’elle l’a toujours su de façon assez sournoise. Les relations avec le personnel chargé de s’occuper d’eux étaient souvent difficiles (mélange de pitié et de méfiance à l’égard de ces enfants particuliers). Leurs espoirs d’avenir irréalisables ou encore l’adolescence et notamment la découverte de la sexualité y sont traités avec une très grande sensibilité et subtilité. L’héroïne a par exemple une envie de maternelle alors qu’ils sont tous stériles. L’héroïne décrypte sans complaisance pour elle même,sa naïveté et ses relations de plus en plus complexes avec Ruth et Tommy ses meilleurs amis.

Ce livre est donc à la fois une histoire glaçante de ce que l’être humain serait prêt à faire pour préserver sa santé aux dépens d’un groupe mais c’est aussi un récit très touchant d’adolescents qui se cherchent mais n’ont en réalité aucun choix à faire. C’est la combinaison des deux qui fait de ce roman un futur classique de la littérature.

Keira Knightley,Carey Mulligan et et Andrew garfield dans l’adaptation au cinéma (2010)

Le livre a été adapté au cinéma en 2010 avec dans le rôle principal de la narratrice Kath, Carey Mulligan (actrice en pleine ascension vue dans Une éducation,bientôt dans Gastby le magnifique), la déjà star Keira Knightley (bientôt à l’affiche d’Anna Karénine de Joe Wright le 5 décembre) et Andrew Gardfield (moins connu,vu depuis dans le reboot The amazing Spiderman). Cette adaptation est une réussite! Elle retranscrit bien cette atmosphère douce-amère de la campagne anglaise où tout semble idyllique mais où un sentiment de malaise pèse constamment. La complicité de Keira Knightley et Carey Mulligan (qui ont déjà partagé l’affiche d’Orgueil et préjugés en 2005) fonctionne parfaitement le rôle de modèle-rivale de Ruth joué par Keira Knightley peut même être  vu comme une mise en abîme de la situation des deux actrices l’une déjà confirmée (Keira) l’autre suivant ses traces (Carey). La vue du personnage de Tommy physiquement très marqué par ses opérations multiples est éprouvante. On se prend alors à rêver pour eux qu’il est possible selon cette rumeur qui circule dans leur pensionnat  que l’on pourrait gagner quelques années de sursis si on peut prouver que l’on est en couple et sincèrement amoureux…

Keira

Cemetery Junction (2010)

Affiche du film

« Trois jeunes hommes, vivant dans le petit village de Cemetery Junction, arrivent à un tournant de leur vie où ils doivent prendre de nombreuses décisions… » (source : allocine.fr)

1973, Cemetary Junction est une bourgade anglaise où vivent trois garçons (Freddie, Paul et Bruce) en quête de changement. Les personnages représentent trois états d’esprit différents : le rebelle (Bruce), « l’attardé » (Paul surnommé Snork) et celui qui souhaite s’en sortir (Freddie).
Ce qui frappe tout au long de ce film est l’envie de ne pas reproduire le schéma des parents et de gravir les échelons.

Plusieurs thèmes sont abordés et notamment le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Les trois personnages finissent par prendre leur vie en main et prennent trois destinations différentes grâce à leur ouverture d’esprit, leur curiosité et à l’amour. La jeunesse des années 70 a encore l’espoir d’un avenir meilleur malgré les crises successives dû à l’augmentation du prix du pétrole. A la fin, une prise de conscience se fait, travailler comme assureur et avoir un attaché-case en cuir n’est pas forcément une réussite en soi. Le quai de gare est d’ailleurs omniprésent tout au long du récit. Il symbolise la fuite ,un futur départ ou tout simplement l’avenir. D’ailleurs pour poursuivre sur cette idée, le titre du film est éloquent. Si on souhaite le traduire cela donne cemetery = cimetière et junction = carrefour.

Le personnage principal en la personne de Freddie est très clairvoyant sur son temps et le monde dans lequel il vit. Par exemple, c’est à travers son regard que l’on découvre qu’à cette période, l’émancipation ainsi que la considération des femmes sont loin d’être acquises.

Évidemment, les pattes d’éléphants et les vestes en cuir sont de rigueur. La B.O. est digne de Good Morning England.

Félicity Jones reste fidèle à elle même. Elle garde son incroyable fraicheur.  C’est une très bonne actrice promise à un brillant avenir. Pour ce qui est de son actualité, on attend avec impatience Cheerful Weather for the Wedding dont le DVD devrait sortir le 14 janvier 2013.

Un très bon film à l’humour et l’ambiance so british!

Fanny