Chrysis de Jim Fergus

Chrysis

Résumé: Paris, 1925. Gabrielle “Chrysis” Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à L’Atelier de Peinture des Élèves Femmes de L’École des Beaux-Arts, pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de George Braque. Exigeant, colérique, cassant, Humbert, âgé de 83 ans, règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes. Mais malgré toute son expérience, il va vite se rendre compte que Chrysis n’est pas une élève comme les autres.

J’avais beaucoup entendu parler de ce livre, la plupart du temps de façon si élogieuse que j’avais un peu peur d’être déçue! Finalement je ne l’ai pas du tout été!

Jim Fergus dresse un portrait très beau de Chrysis alias Gabrielle et de son émancipation par l’art. Sa vie se confond souvent avec son art, j’ai beaucoup aimé cette réflexion sur le besoin ou non d’expérimenter ce qu’on représente dans ses oeuvres artistiques! De plus sa relation avec sa famille notamment son père est vu de façon nuancée. En effet, il est un militaire assez conservateur et autoritaire, mais il s’intéresse aussi à l’art et cherche le bonheur de sa fille.  Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est que l’auteur ne cède jamais à l’aspect un peu « voyeuriste » que j’ai souvent trouvé dans des biographies romancées portant sur les années 1920. Beaucoup trop d’écrivains n’insistent que sur le côté « glauque » du mode de vie des artistes de cette époque.

L’aspect le plus dépaysant du roman a été le personnage de Bogart cow-boy inclassable. Il représente une sorte d’idéal passé qui se heurte à l’horreur de la Première Guerre mondiale.

Chrysis est donc un roman que je vous conseille fortement, qui propose un beau portrait d’une artiste qui avait été oubliée jusque là.

Kheira

L’amour comme par hasard d’Eva Rice

Penelope est une adolescente des années 50 et vit près de Londres dans une demeure exceptionnelle avec sa mère et son frère. Cependant, les années d’après-guerre n’ont pas épargné la famille. Ces deux générations vont devoir cohabiter et évoluer ensemble alors qu’un fossé presque infranchissable s’est creusé. Des personnages vont apparaitre et vont permettre d’installer une intrigue qui cache bien des choses.

La société anglaise des années 50 est vraiment bien décrite et présente en filigrane et tout en subtilité. La dualité entre les années 40 et les années 50 d’après-guerre est le fil conducteur de ce roman. Nous sommes plongés dans une société en pleine rupture avec deux générations qui s’affrontent : les parents ayant connu l’horreur et les enfants qui veulent vivre leur vie et profiter. La relation parents-enfants est également mise en avant avec la complexité de se comprendre et de s’émanciper. Les bals, les diners mondains, les histoires de fiançailles sur le modèle de la fin du XIXe et début du XXe siècle sont au rendez-vous comme si les personnages souhaitaient à tout prix conserver leur vie d’avant-guerre alors qu’une cassure est en train d’agir.

La musique prend une grande place dans ce roman à travers notamment le personnage du frère de Penelope, Inigo, qui souhaite en faire son métier. C’est ainsi que nous entendons régulièrement parler de Johnnie Ray, d’Elvis Presley qui fait déjà un triomphe aux États-Unis mais reste peu connu en Angleterre.

Les personnages sont attachants. Penelope est une adolescente comme les autres malgré sa catégorie sociale. Elle est attachante par sa naïveté, les questions qu’elle se pose, les premiers émois qu’elle subit, ses premiers choix parfois douloureux, ses erreurs ou encore l’expérience de l’alcool. Nous assistons à un véritable parcours initiatique.  J’ai eu un peu plus de mal à saisir Charlotte. Elle semble tellement inaccessible. C’est ce qui fait d’ailleurs son charme durant tout le roman.

Le seul bémol est pour moi le manque de rythme. Il y a certains passages qui sont assez lents même si dans l’ensemble ce roman se lit bien et vite. L’auteur a une écriture simple qui se parcourt avec fluidité. J’aime la façon qu’elle a d’intégrer les éléments de société et de musique pour qu’ils soient en arrière-plan tout en faisant en sorte qu’ils donnent tout le sens des agissements des personnages. Il y a également un côté assez gothique à ce roman avec cette immense demeure bien mystérieuse ainsi que le père mort lors de la seconde guerre mondiale qui hante les esprits.

Malgré un rythme parfois un peu lent à certains moments, j’ai vraiment aimé ce roman entre description de la société anglaise des années 50 avec la chute des grandes familles ainsi que des grandes demeures et les personnages attachants en pleine adolescence. Je suis en train de finir la « suite » qui porte le nom de Londres par hasard. En fait, les personnages principaux sont différents mais certains du premier opus prennent part au récit. Ce tome a plus de rythme et les personnages sont, à mon sens, encore plus attachants. Je me régale !

Lu en lecture commune avec Natiora et Bianca.

Lu dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict n°7 (Nov/Dec/Jan 2014) auquel je particpe avec Claire.

Fanny

Vingt-sept fois de mes nouvelles de Béatrice Shalit

Dans ce recueil de nouvelles la narratrice, Noémi, nous fait partager quelques moments mémorables de sa vie. Il s’agit donc d’un puzzle d’anecdotes. Elle évoque des moments qu’elle a vécu sans lien chronologique. C’est pour ça que l’on parle véritablement de nouvelles et non d’un roman. Elle semble nous raconter ses histoires comme elles lui viennent à la manière d’une conversion. Une fois le livre refermé toutes les pièces se réunissent d’elles-mêmes pour ne faire qu’une fresque. Elle rappelle la vie de tout un chacun avec ses bonheurs, ses malheurs, ses déceptions. Il y a des moments très drôles car Béatrice Shalit n’hésite pas sur l’humour, la dérision et les passages cocasses. D’autres sont beaucoup plus tristes, dramatiques et touchants.

C’est écrit avec simplicité mais aussi beaucoup de sensibilité. C’est vrai et nature. Noémi est un personnage haut en couleur qui n’hésite pas à faire de petits mensonges pour cacher ses faiblesses. Il s’agit de l’histoire d’une femme et de toute une vie avec son lot de regrets et le poids du passé parfois lourd à porter. Il est très facile de se reconnaitre en elle puisque tous les âges y passent. Nous suivons donc son évolution de petite fille, de jeune adulte puis de femme jusqu’à sa mort. Cette identification est accentuée par la narration à la première personne. C’est un recueil très intéressant car il est à la fois léger et plein de sens.

Comme vous l’aurez compris, j’ai passé un super moment avec ce livre. C’est en même temps doux et amer, drôle et touchant. Noémi est un personnage attachant. Nous nous identifions à elle sans soucis car certaines de ses anecdotes nous rappellent forcément nos expériences. C’est typiquement le genre de petit livre (215 pages) que j’affectionne beaucoup et que je pourrais conseiller. J’y retrouve des moments de vie qui me touchent, de l’humour mais aussi du vrai et de l’authenticité.

Merci aux éditions Robert Laffont – Julliard, à Christelle ainsi qu’à Cécile pour l’envoi de ce roman.

Fanny

L’égorgeur de Westminster Bridge de Anne Perry

Un député est retrouvé accroché à un réverbère apparemment égorgé sur le pont de Westminster en pleine nuit à Londres. L’inspecteur Pitt est appelé sur les lieux afin de recueillir les premiers témoignages. Cependant, ce crime n’est que le premier d’une longue série. Complot politique, vengeance, fureur des anarchistes? Aucune piste n’est écartée.

Après le coup de cœur pour le tome précédent (Silence à Hanover Close), j’ai eu un peu peur de la déception lorsque j’ai commencé celui-ci. Et oui, il est difficile pour un auteur de garder le même niveau pour toute une série de romans. Je dois avouer que cette règle n’épargne pas les enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt. En effet, cette enquête ci était pleine de promesse au départ mais très vite elle m’a paru comporter pas mal de longueurs puisque durant une bonne partie du roman l’enquête piétine. Il n’y a pas réellement de rebondissements pour venir redonner du rythme à l’histoire. Par contre, l’imbroglio de fin fait remonter le tout.

J’ai aimé les lettres d’Emily (partie en voyage de noces sur le continent) qui nous sortent un peu de l’Angleterre pour nous faire voyager vers la France et l’Italie. Nous retrouvons encore une fois tante Vespasia. Je la sens décliner alors j’ai peur d’un évènement tragique dans un prochain tome… J’espère tout de même découvrir bientôt de nouveaux personnages qui vont devenir récurrents. J’ai trouvé Charlotte Pitt un peu en retrait. Sa hargne habituelle était quelque peu effacée. J’ai hâte de la retrouver plus en avant dans un prochain opus.

Un tome en dessous du précédent sans aucun doute avec une enquête qui piétine un peu trop à mon goût. Par contre, j’ai adoré l’originalité du dénouement et la constance de Anne Perry dans son style. Vivement la lecture du prochain L’incendiaire de Highgate fin décembre car j’aime cette série aux personnages attachants et à l’ambiance prenante.

Lu en lecture commune avec Bianca, Claire, Sybille, Céline et Soie.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle et du challenge Quelques heures avec Anne Perry.

    

Fanny

Autant en emporte le vent, Tome 1 de Margaret Mitchell

Aujourd’hui je vous parle d’un grand classique de la littérature américaine. 1861, Scarlett O’Hara, jeune sudiste de tout juste 16 ans ne s’intéresse pas aux échos annonçant une prochaine guerre opposant le sud et le nord des États-Unis. Ce qu’elle souhaite c’est se marier avec Ashley Wilkes. Cependant, ses plans vont se voir contrarier. Elle devra donc se tourner vers une autre issue qui va la mettre dans des situations qu’elle ne se voyait pas assumer.

Le contexte historique prend une grande place dans le récit mais Margaret Mitchell a trouvé un bon équilibre entre les passages de faits historiques purs et la fiction. En effet, régulièrement, elle faire un point sur l’avancement des combats et les changements qui vont influencer le cours de la vie des personnages. Ces moments sont vraiment intéressants et nous permettent de mieux appréhender cette période sombre de l’histoire des États-Unis. Je ne connaissais pratiquement rien sur la guerre de Sécession. Ce roman m’a donc appris beaucoup de choses à propos de cette dernière.

Les personnages sont charismatiques et très recherchés. Chacun d’entre eux a droit à un portrait physique et psychique détaillés. Le lecteur n’a aucun mal à se les représenter ainsi qu’à les voir évoluer. Scarlett O’Hara est la plupart du temps égoïste, sûre d’elle et manipulatrice. Mais à la fin de ce tome son assurance se voit remise en cause. Rhett Butler est un personnage pour l’instant bien mystérieux. Dans ce premier opus, on ne sait pas très bien d’où il vient et ce qu’il souhaite. Les personnages secondaires sont tout aussi recherchés et intéressants.

Margaret Mitchell a une plume soutenue et très agréable à lire. Elle maitrise parfaitement la construction de son roman. Les passages purement historiques sont loin d’être barbants bien au contraire. La guerre aiguise les émotions et les sentiments. L’auteur sait sans problème les utiliser pour servir son récit. Celui-ci est plein de détails, de descriptions de paysages et d’intérieurs. Il s’agit d’un roman réellement fouillé et abouti même s’il me reste les deux prochains tome à lire.

Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un roman riche bien loin d’une simple romance. Cette magnifique fresque historique aux personnages charismatiques m’a totalement séduite. Je vais lire le tome 2 dans les jours à venir. J’ai déjà hâte de retrouver tout ce petit monde et surtout de voir l’évolution de Scarlett.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Eliza (qui me fait rêver d’avance avec ses images du film) et Jess.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

 Fanny

Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald

Zelda

Résumé: Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d’Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight. Écrit en « six furieuses semaines », le manuscrit fut accepté d’emblée par Maxwell Perkins, le propre éditeur et ami de Scott Fitzgerald chez Scriber’s. S’il fut boudé par la critique à sa parution, le livre a été réhabilité lors de sa réédition au début des années 1950. Ce portrait d’un homme doué qui s’autodétruit, enfin apprécié à sa juste valeur, est désormais considéré comme une œuvre « puissante et mémorable » (le Times Literary Supplement) dont les personnages et leurs actions – tragiques – contrastent magnifiquement avec le cadre de cette Côte d’Azur ensoleillée où ils évoluent. Au-delà de cette peinture d’une époque et de ses personnages, Accordez-moi cette valse est aussi, et peut-être avant tout, un grand roman d’amour.

J’ai consacré il n’y a pas très longtemps une chronique à Alabama Song de Gilles Leroy, une biographie romancée de Zelda Fitzgerald. Gilles Leroy a sans doute beaucoup puisé dans cet unique roman de Zelda pour l’écrire. Elle y décrit Alabama (son double) à la troisième personne. Dans un style simple et fluide elle raconte son adolescence et ses nombreuses conquêtes mais aussi ses doutes. Elle étudie également les personnalités de ses parents de façon détaillée. Puis rapidement le couple qu’elle forme avec David (un peintre inspiré de Francis Scott Fitzgerald) occupe l’essentiel du récit.

Mais Zelda ne se contente pas d’évoquer cette histoire d’amour, elle accorde une place importante à la danse que le personne d’Alabama commence tardivement et à laquelle elle se consacre corps et âme. Car le personnage d’Alabama a besoin de s’accrocher à une activité exigeante et prenante comme celle-ci pour ne pas sombrer dans une forme d’ennui et de dépendance à son mari David. On découvre ainsi les cours de danse peuplés de jeunes femmes souvent très pauvres mais déterminées. Elles sont entourées de quelques femmes « entretenues ». Alabama pousse sa pratique de la danse à l’excès car comme on le ressent durant tout le roman son caractère la pousse à agir de cette façon.

Ce roman est donc une très belle découverte qui éclaire sur certains aspects de la vie de Zelda au delà des biographies qui mettent parfois trop l’accent sur les aspects glauques de sa vie et de sa relation avec Francis Scott Fitzgerald.

Kheira

Les aventures de Sherlock Holmes #1 : Un scandale en Bohème, La ligue des rouquins, Une affaire d’identité, Le mystère du Val Boscombe de Arthur Conan Doyle

Je vous retrouve avec une nouvelle chronique de quatre nouvelles d’Arthur Conan Doyle lu dans le cadrez de la lecture commune Oh Sherlock you are merveilleux. Ce mois-ci nous avons dû lire les quatre premiers textes du recueil Les aventures de Sherlock Holmes. Ces courts sont textes sont publiés pour la première fois dans un magazine britannique en 1891 : le Strand Magazine. Je peux déjà vous dire que j’ai adoré ces petites enquêtes.

Ici Arthur Conan Doyle met en place de petites intrigues, mystères ou enquêtes d’une trentaine de pages environ. L’auteur utilise à chaque fois la même construction : d’abord intervient la visite d’une personne au 221b Baker Street pour demander de l’aide, ensuite Sherlock Holmes réunis les premières observations et déductions, puis les deux héros se mettent en quête du fauteur de trouble à travers Londres et enfin viennent la chute et les explications.

J’ai largement préféré ces petites nouvelles aux romans Étude en rouge ou encore Le signe des 4. On sent qu’Arthur Conan Doyle maîtrise mieux ce format et se sent plus à l’aise. Les chutes sont excellentes. C’est, à mon avis, le plus important pour des nouvelles policières. En peu de pages il arrive à mettre en place son suspens et des histoires très différentes. Nous continuons à apprendre à connaitre les personnages principaux et d’autres sont introduits. Sherlock Holmes est toujours aussi agréable à suivre. Je me délecte de ces petites piques. J’aime toujours autant son originalité et son cynisme.

Un scandale en Bohème : Grâce à cette nouvelles, le lecteur fait la connaissance d’Irène Adler qui arrive à mettre Sherlock Holmes sur une fausse route. Cette femme est un sacré personnage doté d’un fort caractère.
La ligue des rouquins :
Le malfaiteur a usé d’ingénieux stratagèmes. Mais Sherlock Holmes ne se laisse pas duper si facilement. Cette enquête en est bien la preuve.
Une affaire d’identité :
Ici Mary Sutherland toute paniquée vient demander de l’aide à Sherlock Holmes car son fiancée a disparu juste avant de se marier. Nous allons vite nous rendre compte qu’elle s’est fait berner en beauté.
Le mystère du Val Boscombe :
Un différend qui date de plusieurs décennies entre deux personnes va mener la situation à un meurtre. Le ton de ce texte est différent des précédents et davantage dramatique.

Arthur Conan Doyle a vraiment un talent marqué pour les nouvelles. J’ai eu une petite préférence pour Un scandale en Bohème. Je me réjouis de retrouver nos deux compères dans les prochains textes des Aventures de Sherlock Holmes.

Lu dans le cadre de la lecture commune Oh, Sherlock you are merveilleux ! avec Nahe, Syl, Claire, Caro et Shelbylee.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien

Résumé de l’éditeur : « Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux. C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug… »

Avant de commencer la chronique en elle-même je vais faire un petit point sur mes connaissances du monde de J.R.R. Tolkien. Il s’agit du premier roman de l’auteur que je lis en entier (j’ai abandonné le premier tome du Seigneur des anneaux au milieu). Par contre, je connais très bien les films Le seigneur des Anneaux que j’ai vu maintes et maintes fois. De même pour le premier film de la trilogie Le Hobbit que j’ai vu deux fois. Je voulais absolument lire ce roman avant de voir la suite au cinéma et je n’ai pas été déçue.

A mon avis, ce roman est plus facile à lire que Le seigneur des Anneaux. J’ai fait l’expérience il y a plusieurs années de lire le premier tome de cette trilogie et j’avoue ne pas avoir été jusqu’à la fin. C’est une lecture sombre, poussée, assez ardue qui demande pas mal d’attention. Tandis que Bilbo le Hobbit est très facile à lire. L’écriture y est vraiment agréable et permet de suivre le fil des évènements sans problème. Je me suis régalée avec ce roman qui reste somme toute bon enfant. Le lecteur ressent tout de même le souffle épique qui guide les personnages. C’est une bonne manière de faire son entrée dans la Terre du Milieu et de découvrir l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

Ce roman de fantasy a été créé de toute pièce par Tolkien à la fin des années 30. Tous les détails qu’il donne sur ce monde, les personnages, les coutumes de chaque peuple et leur dialecte, les paysages sont impressionnants de réalisme. C’est même lui qui a dessiné la carte de Thror insérée au début du livre. Tolkien s’est inspiré de nombreuses mythologies (germanique, scandinave entre autres) de diverses civilisations pour créer l’univers de la Terre du Milieu. Mais l’auteur a su insérer beaucoup d’humour, de dérision mais aussi des paroles de chansons. Ceci permet une certaine fantaisie ainsi que de rendre le tout vraiment agréable. Le dépaysement dans un autre monde et dans une autre époque est total.

Tous les personnages de la compagnie sont attachants. Nous suivons l’évolution de Bilbo, ce hobbit plutôt pantouflard et casanier pour découvrir en lui un vrai héros courageux et altruiste à la manière d’un voyage initiatique. Il en va de même pour les nains. Thorin, roi sous la Montagne, est au début assez renfrogné pour finalement se dévoiler comme étant un « homme » (ben oui c’est un nain…) plutôt touchant.

L’histoire est racontée à la manière d’un conte pour enfant avec l’envie d’inculquer et de transmettre certaines valeurs. Nous avons sous les yeux une aventure épique avec des principes chevaleresques. La dualité entre le bien et le mal, les gentils et les méchants est très présente.  Il y a certains passages d’émotion et de frayeur pour nos compagnons d’aventure. La fin est déchirante (je ne préfère pas imaginer la fin du troisième film…) mais apporte une fois un message fort.

Voilà un roman riche, amusant et prenant. Les personnages sont à la fois attachants et touchants. J.R.R. Tolkien a su faire de cette aventure épique une quête bon enfant qui plaira au plus petit comme au plus grand et transmettra de belles valeurs. Ce livre permet de découvrir la genèse du Seigneur des anneaux. Avec Noël qui arrive à grand pas j’ai très envie de découvrir Lettres au Père Noël : recueil de lettres censées provenir du Père Noël que l’auteur envoyait à ses enfants.

Fanny

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé / Rentrée littéraire 2013

Résumé de l’éditeur : « Maria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu’elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l’année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une sœur jalouse, pour s’installer à Santa Monica (Los Angeles). C’est le début des années 70 et des rêves libertaires. Elle n’a pas encore écrit le roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n’est pas encore l’amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d’écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s’approprier le talent de Maria Cristina ? »

Aujourd’hui je vous parle d’un livre qui m’a donné un sentiment bien étrange en le refermant. Je n’ai eu aucun mal à aller au bout tout en étant incapable de rentrer totalement dans l’histoire. Il existe comme une barrière entre le lecteur et les personnages. Celle-ci nous empêche d’avoir de l’empathie même dans les moments les plus terribles ainsi que de comprendre et d’atteindre leur sentiment et leur ressenti. Les personnages sont stéréotypés et déjà vus : entre le pygmalion, la mère complétement névrosée, le père dépressif et l’écrivain qui se cherche. Pourtant ils sont plutôt loufoques et dérangés et auraient pu servir à merveille le récit.

Toutefois nous avons sous les yeux une écriture et une construction maitrisées. Véronique Ovaldé possède sans aucun doute un style singulier et agréable. Deux types de narration se croisent : la troisième personne puis quelque fois la première personne. Mais nous ne savons pas qui prête sa voix à cette dernière ni pourquoi. La construction du roman est assez commune mais elle a le mérite de donner un sens particulier au roman puisque nous passons du présent vers un flashback pour revenir au présent. Les thèmes abordés sont plutôt intéressants : comment réussir par soi-même, le poids d’une enfance et d’une éducation difficile en dehors du monde réel, le passé qui nous rattrape.

A mon sens, la fin brutale n’apporte rien. On ne sait pas bien quelle est le but de ce roman. Même après coup je ne sais pas ce que Véronique Ovaldé a voulu nous transmettre. Il en va de même en ce qui concerne le contexte de l’ouest américain des années 70. Bizarrement, j’ai à la fois plutôt aimé suivre l’histoire de cet enfant puis de cette femme tout en restant au bord de la route. Malgré une certaine fantaisie tout ceci manque sérieusement de charme et d’accessibilité. On referme ce livre sans plus de tristesse que ça. Cette histoire ne me laissera malheureusement pas de souvenir impérissable…

Voilà un avis bien mitigé pour ma première rencontre avec cette auteure. J’ai ressenti comme un mélange de fascination et de perplexité. Je suis malheureusement restée à l’extérieure de l’action malgré un style vraiment agréable. Cependant, il manque quelque chose pour emporter le lecteur qui voit passer les évènements sans y prendre part un seul instant.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Camille.

Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2013 de Priceminister. Merci pour l’envoi.

Fanny

Shirley de Charlotte Brontë

Shirley

Dans ce roman Charlotte Brontë étude avant tout les caractères des personnages à commencer par Caroline Helstone nièce de pasteur sans fortune, d’une beauté classique et d’un caractère réservé. Caroline fait la connaissance de Shirley Keeldar une héritière au caractère bien trempé et aux convictions fortes (elle est paraît-il inspiré de la personnalité d’Emily Brontë). Charlotte Brontë n’hésite pas à employer des mots français afin d’atteindre la juste définition de ce qu’elle veut dire avec par exemple le mot « bonté ». Cette étude psychologique très minutieuse peut paraître un peu longue mais je l’ai pour ma part beaucoup apprécié. Elle étude les différents états dans lesquels se trouvent les jeunes femmes notamment leurs périodes de dépression comme cela était déjà le cas dans Villette de la même auteure. J’ai noté une forte présence du thème de la maladie qu’elle soit physique ou morale (ce qui n’est pas très étonnant si on tient compte de l’histoire des Brontë). 

L’étude voire la critique sociale n’est pas en reste, elle est ancrée dans le contexte des années 1811-1812. Les transformations industrielles ont des conséquences sur les personnages du roman. En effet, Robert Moore propriétaire de manufactures fait face à la révolte des ouvriers. Les « réformes » dans le sens d’améliorations religieuses des pasteurs ainsi que la situation des précepteurs sont également évoqués.

Il s’agit donc d’un roman intéressant dans lequel j’ai retrouvé le style de Charlotte Brontë ainsi que ses thèmes favoris (étude psychologique, position sociale, mariage, argent…) avec l’ajout d’un contexte économique et industriel très précis. J’ai moins aimé que Jane Eyre et Villette mais c’est tout de même un classique à lire!

Kheira

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle

challenge XIX