Cinq jours de Douglas Kennedy / Rentrée littéraire 2013

Je vous retrouve aujourd’hui pour la chronique d’un roman de cette rentrée littéraire 2013. Douglas Kennedy est l’auteur de multiple bestseller. Malgré cela je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un de ces romans.

Laura (marié, deux enfants) est malheureuse en ménage. Elle travaille comme technicienne de radiologie dans le Maine et assiste de temps en temps à des colloques. C’est ainsi qu’elle doit se rendre à l’un d’entre eux à Boston pendant tout un weekend. Il va y faire une rencontre, celle de Richard, qui va changer sa vie de femme.

Autant le dire tout de suite l’intérêt de ce roman ne réside pas dans l’action mais bien dans l’analyse psychologique et l’introspection des personnages. L’auteur s’attache clairement à décortiquer leurs états-d’âme et l’impact du passé sur leur vie présente. Comment ne pas se reconnaitre dans l’une ou l’autre de ces personnes à un moment de notre vie ? Ainsi les thèmes du couple, des relations parents-enfants sont très présents. Ils ne correspondent pas du tout à mes préoccupations actuelles mais grâce à la superbe écriture de Doulgas Kennedy, les destins de Laura et Richard ont su me toucher.

L’auteur a mis en place pour son récit une construction originale divisée en cinq parties qui correspondent à cinq jours de la vie de Laura et de Richard. La majorité du récit se déroule sous forme de conversations et de confidences entre nos deux héros. C’est ainsi que nous faisons leur connaissance grâce à l’évocation de leur passé. Ce dernier est très présent et semble bloquer leur vie actuelle. Nous ressentons leurs regrets, leurs choix douloureux ainsi que la pression familiale et le poids du regard de leurs parents dans leur jeunesse.

Il s’agit d’un beau roman tout en subtilité avec une fin douce-amère et une morale disant que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Si j’en ai l’occasion j’essaierais de découvrir un autre roman de Douglas Kennedy car son écriture m’a largement convaincu.

Page facebook française de l’auteur :

Douglas Kennedy répond aux questions de 4 blogueuses :

Merci aux éditions Belfond et à Jérémy pour l’envoi de ce roman.

Fanny

Transatlantic de Colum McCann / Rentrée littéraire 2013

Colum McCann est un auteur qui m’était totalement inconnu. J’ai découvert une plume de talent. En effet, il possède une belle écriture souvent pleine de poésie et imagée. On prend plaisir à tourner les pages et à se plonger dans cette fresque historique entre l’Irlande et les États-Unis. Son roman est très riche. En effet l’auteur aborde beaucoup de thèmes. Il s’agit d’un roman sur la lignée familiale avec l’importance des racines mais aussi sur les relations mères-filles qui y sont très présentes.

Ce roman est divisé en plusieurs parties. Chacune d’entre elle traite d’un personnage en particulier et de son entourage. C’est ainsi que de chapitre en chapitre nous retrouvons la descendance, les aïeux ou les proches de Lily Duggan, jeune domestique d’Irlande, qui part en 1845 pour les États-Unis. L’auteur sait parfaitement nous dérouler sous les yeux le destin de plusieurs générations malgré les guerres, les conflits sociaux, les malheurs familiaux. J’ai adoré découvrir tous ces personnages et le monde dans lequel ils vivent. Par contre, ce roman mérite de l’attention et une certaine gymnastique à la lecture car des sauts dans le temps par des retours en arrière ou des bons en avant sont souvent réalisés. Ceci implique de bien se souvenir des personnages et de leur place dans leur généalogie ou leur rôle. En tout cas la construction complexe et originale est maitrisée. Je salue d’ailleurs le travail de recherche qui a été réalisé. Il donne vraiment toute sa crédibilité au récit.

L’Irlande et son histoire mouvementée sont toujours en toile de fond. Colum McCann y associe également les États-Unis d’où le titre du livre. C’est vrai qu’énormément d’irlandais se sont exilés là-bas notamment au début du XXe siècle. Durant ma lecture j’ai eu l’occasion de traverser trois siècles : le XIXe, le XXe et le début du XXIe siècle avec leurs caractéristiques propres. J’ai assisté à la lutte pour l’abolition de l’esclavage, la première traversée transatlantique sans escale, la vie difficile des récolteurs de glace aux États-Unis au XIXe siècle et bien d’autres choses encore.

Le seul défaut de cette histoire est la fin… Durant les dernières pages je me suis vraiment attendue à des rebondissements et à un peu de piment. On l’attend avec impatience mais elle ne nous apporte pas de révélation particulière.

Malgré une fin qui n’a pas été à la hauteur de mes espérances j’ai su apprécié ce livre pour l’enchevêtrement maitrisé des destins de toute cette panoplie de personnages. Je retiendrais de cette lecture l’écriture de l’auteur, le découpage original du récit, le pont entre les États-Unis et l’Irlande ainsi que tout ce que j’ai pu apprendre. Un beau roman sur les acteurs de l’histoire.

Fanny