Une si belle image de Katherine Pancol

Une si belle image

 

Je n’ai jamais lu de roman de Katherine Pancol. Mais cette biographie un peu romancée ou du moins subjective sur Jackie Kennedy et son mythe m’a semblé intéressante.

L’auteure insiste sur la jeunesse de Jackie Kennedy.  J’ai trouvé cela très intéressant car je ne connaissait pas cette partie de sa vie. On y découvre notamment l’influence de son père surnommé « Black Jack » beau, charismatique, très aimant mais aussi dépensier et coureur de jupons. L’auteur tente de deviner la psychologie de Jackie au prisme du divorce de ses parents.  J’ai appris pas mal de choses sur ses études, ses séjours en Europe et le fait par exemple qu’elle ait gagné un concours de journalisme.

Jack Vernon Bouvier III le père de Jackie

Jack Vernon Bouvier III le père de Jackie

Vient ensuite son mariage avec John Fitzgerald Kennedy, ses relations difficiles avec le clan Kennedy hormis le patriarche Joe avec qui elle s’entend bien. L’auteure dissèque la mise en scène des funérailles de JFK qui révèlent toute la maturité de Jackie et sa capacité à « manipuler » les médias. Son mariage avec Aristote Onassis choque car les médias l’imaginaient plutôt en veuve éternelle, c’est pourquoi Katherine Pancol tente de réhabilité cette histoire et la personnalité d’Aristote Onassis! La suite de sa vie n’est que sommairement esquissée car Jackie se fait alors très discrète.

C’est donc une lecture d’été à la fois agréable et instructive. J’ai souri lorsque j’ai lu dans ce livre l’anecdote sur le coup de Marylin Monroe qui a été vu comme un scoop par les médias cet été. L’étrange coup de fil de Marylin.

Kheira

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Ava, la femme qui aimait les hommes d’Elizabeth Gouslan

Ava

En ce moment, je suis très intéressée par les biographies mais je trouve parfois leur style un peu aride, trop factuel. Ce n’est heureusement pas le cas ici! Elizabeth Gouslan nous livre un portrait agréable à lire qui est constitué de chapitres thématiques assez courts et qui s’inscrivent globalement dans l’ordre chronologique.

Le choix du titre est un peu exagéré, cette biographie ne concentre pas que sur la vie amoureuse d’Ava! L’auteure évoque sa jeunesse, son arrivée à Los Angeles avec sa soeur Bappie comme chaperon: on assiste à la rencontre de deux mondes. La biographe insiste sur le caractère de garçon manqué de Ava et son contraste avec les autres aspirantes actrices ayant un physique de pin-up décolorées. Ses films les plus importants se voient accordées plusieurs pages chacun comme Pandora (1951), Mogambo (1953), La comtesse aux pieds nus (1954). L’auteure tente de trouver des mises en abîmes de la vie et de la personnalité d’Ava dans ces films. Ses trois mariages sont évoqués avec une place plus importante accordée à Franck Sinatra qui présenté comme son grand amour. J’ai appris de nombreuses anecdotes sur ses « exils » notamment ses années passées à Madrid. Ses nuits de fêtes sont également longuement décrites.

J’ai aimé la mise en parallèle avec d’autres actrices plus jeunes (Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor) ou certains évènements comme la mort de JFK.

Il s’agit donc d’une biographie très agréable à lire et qui livre les aspects les plus importants de la vie de l’actrice. C’est donc bien pour commencer, si on ne connaît pas très bien Ava et le cinema de son époque. J’aurais parfois aimé que la biographe creuse un peu plus notamment sa façon de jouer (l’auteure s’appuie sur des déclarations d’Ava dans lesquelles celle-ci déclare souvent de manière désinvolte qu’elle n’intellectualise pas beaucoup ses rôles). La biographe n’aurait pas dû s’arrêter à ces déclarations. Elle aurait pu  tenter d’approfondir ce thème même s’il n’est évidemment pas facile de connaître tous les secrets de tournages. J’aurai en outre aimé que la bibliographie soit un peu plus fournie (c’est l’étudiante en Histoire qui parle).  Enfin, j’aurais évidemment aimé qu’il y ait encore plus de photos d’Ava tant sa beauté est célébrée par l’auteure.

Cette lecture me donne envie de lire Blonde la biographie de Marylin Monroe par Joyce Carol Oates. Certains parmi vous l’ont-ils lu?

Kheira

Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler

Quand j'étais Jane Eyre de Sheila Kohler (2012 en France)

Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler (2012 en France)

Nous vous avons déjà parlé des soeurs Brontë auparavant dans notre blog que ce soit de leurs oeuvres Jane Eyre, Agnès Grey ou encore La dame du manoir de Wildfeld Hall ou des réécritures quelles ont pu inspirer Les hauts de Hurlevent . Le fait que je m’intéresse à ce livre n’est donc pas vraiment étonnant! La vie de la famille des Brontë est plutôt bien connue (les trois soeurs écrivaines, le séjour à Bruxelles d’Emily et Charlotte durant lequel Charlotte tombe amoureuse d’un professeur, l’alcoolisme de leur frère Branwell, enfin les maladies et la mort qui s’acharne sur eux). Ces évènements ont beaucoup nourri leurs écrits. Mais leur vie peut paraître  assez monotone voire ennuyeuse à raconter. C’est assez clair dans le film  Le soeurs Brontë d’André Téchiné sorti en 1979, porté par de talentueuses actrices il montre leurs déceptions, les hésitations des éditeurs, l’ennui de leur vie quotidienne…

Les soeurs Brontë d'André Téchine 1979

Les soeurs Brontë d’André Téchine 1979

Le roman présente très habilement tous les faits qui dans la vie de Charlotte ont pu lui inspiré des personnages, des noms, des évènements du roman Jane Eyre. J’aurais apprécié qu’elle développe davantage tout ce que le personnage de Rochester peut représenter pour Charlotte et pour les lectrices! Les plongées dans son enfance et notamment sa complicité avec son frère dans la réalisation de leurs mondes imaginaires m’a particulièrement intéressé.

Cependant j’ai trouvé quelques facilités. Lorsqu’elle décrit l’expérience de Charlotte en tant que gouvernante elle fait un quasi copier/coller de certains passages d’Agnès Grey d’Anne Brontë, j’aurais aimé un peu plus d’imagination de la part de Sheila Kohler! Autre reproche: elle évoque malheureusement trop rapidement les éléments qui ont pu inspiré ses soeurs pour leurs propres romans.

L’intimité des soeurs qui n’est pas sans nuage, leur possible jalousie et leurs relations avec les éditeurs sont très intéressantes et bien développées. La part de bonheur que connait Charlotte vers la fin de sa vie est bien décrite et permet de nuancer l’image assez tragique associée au destin de cette famille. J’ai apprécié que Sheila Kohler ne tombe pas dans le pathos lorsqu’elle évoque la période située après les décès d’Emily et Anne.

Ce fut donc une lecture rapide et plutôt agréable, qui donne une vision assez équilibrée de leurs vies d’écrivaines mais qui n’apporte rien de révolutionnaire non plus. Le style n’est pas extraordinaire non plus.

Kheira

Madame Hemingway de Paula Mclain

Madame Hemingway

Madame Hemingway de Paula Mclain

Le roman intitulé  en anglais The Paris wife est sorti en poche le 3 janvier en France. L’histoire de la première (des 4 épouses!) d’Ernest Hemingway est racontée comme une autobiographie à l’exception de 7 chapitres en italique racontés d’un point de vue extérieur afin de « compléter » le récit.

Je me suis tout de suite attachée à Hadley Richardson qui a vécu une adolescence malheureuse marquée par des décès dans sa famille. On a envie qu’elle soit heureuse. Au début du récit elle a 29 ans et semble beaucoup moins « moderne »  par son look (et ses cheveux restés longs par exemple) que les personnes (souvent des artistes) qu’elle fréquente. Ernest Hemingway a 21 ans,il est marqué par la guerre et il est encore inconnu. Leur relation nait dans le contexte de soirées interminables,de bouillonnements culturel dans le Paris des années 1920. Hadley n’aime pas particulièrement la ville de Paris où ils vivent la plupart du temps dans des conditions très modestes. Ce mode de vie parfois difficile est décrit avec du recul et un peu d’humour: « Le matelas était bon comme toujours en France, où apparemment tout se faisait au lit – manger,travailler,dormir,faire beaucoup l’amour. »

Le livre nous plonge dans l’ambiance de cette période avec alcool,la mode des vacances à la montagne et… la corrida qu’Hemingway adore et célèbre dans ses textes. Un univers que l’écrivain a lui-même évoqué dans Paris est une fête peu de temps avant de se suicider. Et que l’on retrouve par exemple dans le film Minuit à Paris de Woody Allen.

Le récit aurait peut être gagné à être un peu plus court mais on ressent bien le bonheur du foyer qu’ils parviennent à construire au milieu d’une bande d’amis dans laquelle tout le monde est un peu perdu. On ressent aussi très bien cette peur que ressent Hadley de perdre Ernest (les tentations étant nombreuses!) et on finit par ressentir une sorte de fatalisme face leur rupture.

Kheira