Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler

Quand j'étais Jane Eyre de Sheila Kohler (2012 en France)

Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler (2012 en France)

Nous vous avons déjà parlé des soeurs Brontë auparavant dans notre blog que ce soit de leurs oeuvres Jane Eyre, Agnès Grey ou encore La dame du manoir de Wildfeld Hall ou des réécritures quelles ont pu inspirer Les hauts de Hurlevent . Le fait que je m’intéresse à ce livre n’est donc pas vraiment étonnant! La vie de la famille des Brontë est plutôt bien connue (les trois soeurs écrivaines, le séjour à Bruxelles d’Emily et Charlotte durant lequel Charlotte tombe amoureuse d’un professeur, l’alcoolisme de leur frère Branwell, enfin les maladies et la mort qui s’acharne sur eux). Ces évènements ont beaucoup nourri leurs écrits. Mais leur vie peut paraître  assez monotone voire ennuyeuse à raconter. C’est assez clair dans le film  Le soeurs Brontë d’André Téchiné sorti en 1979, porté par de talentueuses actrices il montre leurs déceptions, les hésitations des éditeurs, l’ennui de leur vie quotidienne…

Les soeurs Brontë d'André Téchine 1979

Les soeurs Brontë d’André Téchine 1979

Le roman présente très habilement tous les faits qui dans la vie de Charlotte ont pu lui inspiré des personnages, des noms, des évènements du roman Jane Eyre. J’aurais apprécié qu’elle développe davantage tout ce que le personnage de Rochester peut représenter pour Charlotte et pour les lectrices! Les plongées dans son enfance et notamment sa complicité avec son frère dans la réalisation de leurs mondes imaginaires m’a particulièrement intéressé.

Cependant j’ai trouvé quelques facilités. Lorsqu’elle décrit l’expérience de Charlotte en tant que gouvernante elle fait un quasi copier/coller de certains passages d’Agnès Grey d’Anne Brontë, j’aurais aimé un peu plus d’imagination de la part de Sheila Kohler! Autre reproche: elle évoque malheureusement trop rapidement les éléments qui ont pu inspiré ses soeurs pour leurs propres romans.

L’intimité des soeurs qui n’est pas sans nuage, leur possible jalousie et leurs relations avec les éditeurs sont très intéressantes et bien développées. La part de bonheur que connait Charlotte vers la fin de sa vie est bien décrite et permet de nuancer l’image assez tragique associée au destin de cette famille. J’ai apprécié que Sheila Kohler ne tombe pas dans le pathos lorsqu’elle évoque la période située après les décès d’Emily et Anne.

Ce fut donc une lecture rapide et plutôt agréable, qui donne une vision assez équilibrée de leurs vies d’écrivaines mais qui n’apporte rien de révolutionnaire non plus. Le style n’est pas extraordinaire non plus.

Kheira

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Les Hauts de Hurlevent de Yann et Edith (bande dessinée, intégrale)

    

Lorsque j’ai ouvert mon colis, la première chose que je me suis dit était que cette B.D. est très belle : la couverture et sa texture sous les doigts, les couleurs, les dessins. Je tiens à préciser dès le départ que je n’ai pas lu le roman original d’Emily Brontë. Il ne s’agira donc pas ici de comparer les deux ouvrages. Yann (scénario) et Edith (dessin et couleur) ont pris le parti d’adapter ce grand classique de la littéraire anglaise du XIXe siècle en une BD. Après tout, on adapte bien des romans au cinéma alors pourquoi pas sous ce format. Ce parti-pris peut même rendre ces œuvres et ces histoires assez accessibles.

Dans la première partie qui constitue en réalité le premier tome, j’ai apprécié la simplicité voire même la naïveté du dessin et des traits des visages. Nous sommes à ce moment encore dans l’enfance d’Heathcliff et de Catherine donc le coup de crayon est vraiment adéquat. Dans la seconde partie (tome 2), les personnages sont passés à l’âge adulte, les traits se font plus durs et notamment ceux d’Heathcliff. On ressent toute la signification derrière ce choix. J’ai adoré les dessins de la lande, des paysages, des maisons, des costumes. C’est toujours le même bonheur de retrouver cette ambiance.

J’ai également apprécié le choix des couleurs. La plupart du temps, l’illustrateur table sur des couleurs sombres. Mais lorsque l’atmosphère devient plus heureuse et insouciante il sait s’adapter et utilisé des couleurs lumineuses comme des tons oranges et jaunes.

Les personnages sont attachants, on comprend leur choix. D’autres sont au contraire horribles comme Hindley qui devient alcoolique et tyrannique envers sa soeur et son frère d’adoption. Il m’a d’ailleurs fait penser à Arthur Huntingdon dans La Dame du Manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë (coïncidence? je ne pense pas…).

Il y a juste un petit bémol (et oui, il en faut bien un…). J’ai parfois eut l’impression que certaines expressions n’auraient jamais été utilisées par Emily Brontë. Je pense que c’est surtout dans un soucis de simplifier que ce choix a été fait. C’est sur que le format de la B.D. ne permet pas l’ampleur des 400 pages du roman. D’ailleurs, des passages sont surement simplifiés voire éludés mais ça n’a gêné en rien le plaisir de ma lecture.

Pour conclure, il s’agit là d’une jolie surprise. Malgré un petit bémol, j’ai vraiment apprécié cette bande dessinée. Elle m’a permis de découvrir ce classique alors que le roman ne me tente pas vraiment en ce moment. Je la recommande pour ça mais aussi pour l’histoire tragique, pour son ambiance, pour le dessin et les couleurs.

Voilà pour mon analyse ainsi que ma présentation de cette bande dessinée. Avez-vous retrouvé des éléments ou des impressions du roman original?

Lu dans le cadre du challenge « Au service de… » du blog de Claire The French Book Lover

Fanny