L’amour comme par hasard d’Eva Rice

Penelope est une adolescente des années 50 et vit près de Londres dans une demeure exceptionnelle avec sa mère et son frère. Cependant, les années d’après-guerre n’ont pas épargné la famille. Ces deux générations vont devoir cohabiter et évoluer ensemble alors qu’un fossé presque infranchissable s’est creusé. Des personnages vont apparaitre et vont permettre d’installer une intrigue qui cache bien des choses.

La société anglaise des années 50 est vraiment bien décrite et présente en filigrane et tout en subtilité. La dualité entre les années 40 et les années 50 d’après-guerre est le fil conducteur de ce roman. Nous sommes plongés dans une société en pleine rupture avec deux générations qui s’affrontent : les parents ayant connu l’horreur et les enfants qui veulent vivre leur vie et profiter. La relation parents-enfants est également mise en avant avec la complexité de se comprendre et de s’émanciper. Les bals, les diners mondains, les histoires de fiançailles sur le modèle de la fin du XIXe et début du XXe siècle sont au rendez-vous comme si les personnages souhaitaient à tout prix conserver leur vie d’avant-guerre alors qu’une cassure est en train d’agir.

La musique prend une grande place dans ce roman à travers notamment le personnage du frère de Penelope, Inigo, qui souhaite en faire son métier. C’est ainsi que nous entendons régulièrement parler de Johnnie Ray, d’Elvis Presley qui fait déjà un triomphe aux États-Unis mais reste peu connu en Angleterre.

Les personnages sont attachants. Penelope est une adolescente comme les autres malgré sa catégorie sociale. Elle est attachante par sa naïveté, les questions qu’elle se pose, les premiers émois qu’elle subit, ses premiers choix parfois douloureux, ses erreurs ou encore l’expérience de l’alcool. Nous assistons à un véritable parcours initiatique.  J’ai eu un peu plus de mal à saisir Charlotte. Elle semble tellement inaccessible. C’est ce qui fait d’ailleurs son charme durant tout le roman.

Le seul bémol est pour moi le manque de rythme. Il y a certains passages qui sont assez lents même si dans l’ensemble ce roman se lit bien et vite. L’auteur a une écriture simple qui se parcourt avec fluidité. J’aime la façon qu’elle a d’intégrer les éléments de société et de musique pour qu’ils soient en arrière-plan tout en faisant en sorte qu’ils donnent tout le sens des agissements des personnages. Il y a également un côté assez gothique à ce roman avec cette immense demeure bien mystérieuse ainsi que le père mort lors de la seconde guerre mondiale qui hante les esprits.

Malgré un rythme parfois un peu lent à certains moments, j’ai vraiment aimé ce roman entre description de la société anglaise des années 50 avec la chute des grandes familles ainsi que des grandes demeures et les personnages attachants en pleine adolescence. Je suis en train de finir la « suite » qui porte le nom de Londres par hasard. En fait, les personnages principaux sont différents mais certains du premier opus prennent part au récit. Ce tome a plus de rythme et les personnages sont, à mon sens, encore plus attachants. Je me régale !

Lu en lecture commune avec Natiora et Bianca.

Lu dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict n°7 (Nov/Dec/Jan 2014) auquel je particpe avec Claire.

Fanny

Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien

Résumé de l’éditeur : « Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux. C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug… »

Avant de commencer la chronique en elle-même je vais faire un petit point sur mes connaissances du monde de J.R.R. Tolkien. Il s’agit du premier roman de l’auteur que je lis en entier (j’ai abandonné le premier tome du Seigneur des anneaux au milieu). Par contre, je connais très bien les films Le seigneur des Anneaux que j’ai vu maintes et maintes fois. De même pour le premier film de la trilogie Le Hobbit que j’ai vu deux fois. Je voulais absolument lire ce roman avant de voir la suite au cinéma et je n’ai pas été déçue.

A mon avis, ce roman est plus facile à lire que Le seigneur des Anneaux. J’ai fait l’expérience il y a plusieurs années de lire le premier tome de cette trilogie et j’avoue ne pas avoir été jusqu’à la fin. C’est une lecture sombre, poussée, assez ardue qui demande pas mal d’attention. Tandis que Bilbo le Hobbit est très facile à lire. L’écriture y est vraiment agréable et permet de suivre le fil des évènements sans problème. Je me suis régalée avec ce roman qui reste somme toute bon enfant. Le lecteur ressent tout de même le souffle épique qui guide les personnages. C’est une bonne manière de faire son entrée dans la Terre du Milieu et de découvrir l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

Ce roman de fantasy a été créé de toute pièce par Tolkien à la fin des années 30. Tous les détails qu’il donne sur ce monde, les personnages, les coutumes de chaque peuple et leur dialecte, les paysages sont impressionnants de réalisme. C’est même lui qui a dessiné la carte de Thror insérée au début du livre. Tolkien s’est inspiré de nombreuses mythologies (germanique, scandinave entre autres) de diverses civilisations pour créer l’univers de la Terre du Milieu. Mais l’auteur a su insérer beaucoup d’humour, de dérision mais aussi des paroles de chansons. Ceci permet une certaine fantaisie ainsi que de rendre le tout vraiment agréable. Le dépaysement dans un autre monde et dans une autre époque est total.

Tous les personnages de la compagnie sont attachants. Nous suivons l’évolution de Bilbo, ce hobbit plutôt pantouflard et casanier pour découvrir en lui un vrai héros courageux et altruiste à la manière d’un voyage initiatique. Il en va de même pour les nains. Thorin, roi sous la Montagne, est au début assez renfrogné pour finalement se dévoiler comme étant un « homme » (ben oui c’est un nain…) plutôt touchant.

L’histoire est racontée à la manière d’un conte pour enfant avec l’envie d’inculquer et de transmettre certaines valeurs. Nous avons sous les yeux une aventure épique avec des principes chevaleresques. La dualité entre le bien et le mal, les gentils et les méchants est très présente.  Il y a certains passages d’émotion et de frayeur pour nos compagnons d’aventure. La fin est déchirante (je ne préfère pas imaginer la fin du troisième film…) mais apporte une fois un message fort.

Voilà un roman riche, amusant et prenant. Les personnages sont à la fois attachants et touchants. J.R.R. Tolkien a su faire de cette aventure épique une quête bon enfant qui plaira au plus petit comme au plus grand et transmettra de belles valeurs. Ce livre permet de découvrir la genèse du Seigneur des anneaux. Avec Noël qui arrive à grand pas j’ai très envie de découvrir Lettres au Père Noël : recueil de lettres censées provenir du Père Noël que l’auteur envoyait à ses enfants.

Fanny