Trois définitions de l’amour de Caroline Bongrand

Trois définitions de l'amour

Résumé: Gilles, chimiste à New York dans une multinationale de cosmétiques, reçoit une commande extraordinaire : créer le parfum qui rend immédiatement et absolument amoureux. Délire de créateur ou intuition géniale ? On raconte qu’une fleur pourrait être à l’origine d’une telle fragrance… Si elle existe vraiment, c’est l’un des secrets les mieux gardés de la planète. L’amour, Gilles connaît : il va se marier dans quelques jours avec Ina. Mais ses investigations vont bouleverser sa vie personnelle. Parti en Chine à la recherche de la fleur, volontaire mais en proie au doute, Gilles ne tarde pas à comprendre que, dans cette quête éperdue de l’amour absolu, il risque de tout perdre.

Autant le dire tout de suite ce roman est une vraie catastrophe! On a l’impression que l’auteure a improvisé l’histoire au fur et à mesure sans jamais se relire.

Le personnage, Gilles renonce à se marier quelque jour avant l’évènement car il doute de la force de son amour pour Ina.  Celle-ci se lance donc à la recherche de cette fleur en Chine pour lui prouver à quel point elle tient à lui. Il s’en va à son tour en Chine sans aucune idée du lieu exact où la fleur se trouve. S’ensuit alors une aventure grotesque en Chine ponctuée de remarques pleines de bon sentiments. Tous les lieux évoqués le sont à travers des clichés que ce soit New-York (sa ville) ou Grasse (où il a grandi). Au fur et à mesure du roman Gilles découvre également des secrets de famille et une accumulation de coïncidences dignes d’une telenovela.

Je trouve cela très décevant et dommage alors que le thème du parfum, de l’attirance et de l’amour auraient pu donner quelque chose très intéressant. Je ne peux donc que vous déconseiller ce livre.

Kheira

Avant toi de Jojo Moyes

Avant toi de Jojo Moyes

Avant toi de Jojo Moyes

Résumé de l’éditeur: Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone à souhait. Quand elle se retrouve au chômage, dans ce trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie, Lou accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

CHRONIQUE DE KHEIRA

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Milady qui m’ont offert ce roman.  Je ne connaissais pas l’auteure mais elle semble prolifique avec deux livres publiés en 2012!

Ce roman aborde le sujet délicat du handicap récemment évoqué de façon très différente au cinéma: Le scaphandre et le papillon (livre de 1997 adapté au cinéma en 2007), Mar Adentro (2004), Intouchables (2011), The Sessions (2012), ou encore Hasta la Vista (2011).

Dès le début, la description de la famille de l’héroïne, les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés plantent un décor dans lequel on peut tous se retrouver. Louisa surnommée Lou vit avec ses parents, son grand-père, sa sœur Katrina et le fils de celle-ci. Elle est en couple avec Patrick depuis 7 ans et ce n’est plus vraiment la grande passion. Elle n’est pas trop lisse (son style vestimentaire est assez excentrique, elle assume de ne faire ce travail que pour l’argent au début…). Son physique est même comparé à celui d’une elfe (peut être un clin d’oeil à Jane Eyre)!

Le roman nous montre deux mondes  différents (celui de Lou et celui de Will) séparés symboliquement par un château seul attrait touristique et économique de la petite ville. On trouve un schéma assez classique de deux personnages qui se transforment mutuellement, s’aident à changer. Il pose également la question de trouver sa place dans la société, pouvoir et savoir quoi faire de sa vie.

Au bout des cent premières pages seulement l’héroïne découvre la tentative de suicide dont il est question dans la 4è de couverture. Ensuite j’ai eu l’impression qu’un peu trop de choses horribles se succèdent pour Will. Toujours est il que j’ai eu envie de connaître la suite, il y a un réel suspens! L’auteur n’oublie pas de creuser certains aspects de la personnalité des personnages secondaires (la sœur de Louisa, les parents de Will…). Le style est agréable et fluide. Alors que l’histoire est racontée du point de vue de Lou, certains chapitres sont rédigés de points de vue différents (sœur, mère, père et Nathan son autre aide soignant) ce qui permet de porter un regard sur la situation et aussi de ralentir un peu le rythme pour maintenir le suspens.

Il s’agit donc d’un livre prenant qui malgré son sujet assez particulier peut toucher tous les lecteurs et qui bénéficie d’un rythme bien maîtrisé.

Kheira

CHRONIQUE DE FANNY

Attention : roman coup de cœur!

 Ayant connu un cas de paraplégie dans ma famille, je connais assez bien les répercussions médicales et psychologiques de ces accidents. J’attendai donc au tournant ce roman d’un point de vue technique et je n’ai pas été déçue. J’ai donc trouvé ce roman très réaliste. L’auteure ne nous cache pas les moments difficiles et réguliers d’hospitalisations, de mal-être par exemple ou encore les problèmes médicaux au quotidien (escarres, infections, etc…). Tout ceci est décrit avec beaucoup de pudeur mais l’auteure ne nous épargne rien et c’est ce qui est aussi très intéressant : en apprendre sur ce type de handicap.

J’ai trouvé plutôt intelligent le fait que Jojo Moyes passe par l’humour et des situations marrantes pour évoquer ce thème assez difficile. Ce roman n’est en aucun cas larmoyant au contraire. Il y a régulièrement des passages difficiles mais l’auteure est très adroite pour ne pas nous plomber le moral.

 Par contre, la façon dont Will a été accidenté m’a un peu déçu. Ceci nous est exposé dès le début et je me suis dit que ça commençait très mal. Etant une passagère motarde assidue, je me suis dit : « Aller, encore un cliché ! Les méchants motards qui roulent comme des nazes sont de retour ! » Finalement l’auteure n’y est pas trop revenu donc la pilule est plutôt bien passée finalement. Je crois que c’est le seul point négatif que je trouve à ce roman. Et encore, il s’agit d’une conviction personnelle.

Les personnages sont si attachants. J’ai rarement ressenti ce manque lorsque je pose un livre. Ce sont des personnages qui vous suivent où que vous soyez. C’est magique ! La fin est superbe et m’a même fait verser la petite larmichette. C’est la première fois que ça m’arrive devant un livre…

 Il s’agit d’un magnifique roman rempli d’espoir, de sensibilité et d’humour. Il contient aussi une bonne dose d’émotions. Des comme ça on aimerait en lire plus souvent.

Je remercie infiniment les éditions Milady pour l’envoi de ce roman. Une magnifique découverte!

Fanny

Agnès Grey, l’autre gouvernante

The poor teacher de Richard Regrave 1843

Nous vous parlions dans notre précédent article de Jane Eyre roman culte de Charlotte Brontë. Mais le succès mérité de ce  roman ne doit pas nous faire oublier celui de sa soeur Anne Brontë. L’histoire d’Agnès Grey publiée en décembre 1847 soit un mois après Jane Eyre tranche par sa simplicité.  En grande partie autobiographique ce roman nous dresse l’expérience d’une gouvernante avec ses difficultés,ses déceptions et cette situation humiliante d’être parfois invisible aux yeux de la société…

« Il dépendait absolument de leur capricieuse volonté que je fisse à pied le chemin avec elles, ou que j’allasse en voiture avec leurs parents. Si elles voulaient me prendre avec elles, j’allais ; si, pour des raisons mieux connues d’elles que de moi, elles préféraient être seules, je prenais ma place dans la voiture. J’aimais mieux marcher ; mais la pensée de gêner par ma présence quelqu’un qui ne la désirait pas, me faisait toujours adopter un rôle passif en cette circonstance comme en toute autre, et je ne m’enquis jamais de la cause de leurs caprices. Et vraiment, c’était la meilleure politique, car se soumettre et obliger était le rôle de la gouvernante ; ne consulter que leurs plaisirs était celui des élèves. »

C’est cette situation de retrait  du personnage-narrateur qui permet à Anne Brontë de dresser un tableau critique de l’éducation et de la société de son temps. On trouve ainsi de nombreux portraits d’enfants capricieux,de pères indifférents,de jeunes filles frivoles et de mères uniquement préoccupées par l’idée de tenir leur rang. Certes l’écriture simple et ce personnage volontairement « ordinaire » peut paraître austère  mais Anne n’oublie d’adoucir ce tableau par la présence d’un jeune et charismatique clergyman prénommé…Edward!

On ne peut que regretter l’absence d’adaptations télévisuelles notamment de la BBC!

Kheira