Les Cosaques de Léon Tolstoï

Les cosaques

Résumé: A travers les paysages du Caucase et le régiment de Cosaques auquel il est affecté, un jeune officier, Olénine, qui n’est autre que Tolstoï lui-même, découvre la splendeur du monde primitif. « Dieu que notre Russie est triste », soupirait Pouchkine ; le Caucase, c’est pour Tolstoï la découverte de la joie, l’oubli de l’accablant sentiment de culpabilité qui est au fond de l’âme russe. D’admirables évocations de nature. Le pittoresque éclatant des voyages romantiques. Et une histoire d’amour où nous voyons Olénine s’éprendre d’une jeune Cosaque, Marion, qui est pour lui le symbole d’une liberté encore insaisissable.

Léon Tolstoï est devenu mon écrivain préféré depuis ma lecture de Guerre et Paix (1865-1869) et surtout d’Anna Karénine (1877). J’avais donc très envie de découvrir Les Cosaques qu’il a écrit plus tôt en 1863. Mon intérêt était d’autant plus grand que le roman est en grande partie autobiographique.

Le personnage principal Olénine est en fait le double de Léon Tolstoï lui-même. Jeune homme issu du beau monde, il a entamé des études universitaires sans les achever. Il décide alors de se porter volontaire et intègre les Cosaques. Il découvre alors le Caucase et ses habitants qui le fascinent. Les paysages et les montagnes notamment sont décrits d’une manière proche de la littérature romantique. Mais ce sont les habitants qui intriguent le plus Olénine/Léon Tolstoï. Trois figures s’imposent dans le roman Marion, Lucas et le vieux chasseur Erochka. Olenine tombe rapidement sous le charme de Marion jeune fille symbole même de la nature sauvage, simple et libre. Lucas est un jeune homme courageux admiré de tout la communauté. Ces deux jeunes gens sont promis l’un à l’autre. Olénine est hébergé chez les parents de Marion. Un de ses seuls amis est le vieux Erochka qui lui apprend à chasser. Le récit est rythmé par les beuveries et fêtes. Les scènes de guerres sont, elles, quasi-absentes. Olénine finit par apprécier cet univers malgré le gouffre social et culturel qui les sépare. Leur point de vue à eux est en revanche plus difficile à connaître.

Comme toujours avec Léon Tolstoï, le personnage d’Olenine se pose des questions morales notamment sur le bonheur:

« Et soudain un monde nouveau se découvrit à lui. Le bonheur, le voici, se dit-il à lui-même, le bonheur consiste à vivre pour les autres. C’est clair. L’homme a reçu un appétit de bonheur ; donc cet appétit est légitime. En le satisfaisant égoïstement, c’est-à-dire en recherchant pour soi richesse, gloire, commodités de l’existence, amour, il peut se faire que les circonstances ne nous permettent pas de satisfaire nos désirs. Ainsi ce sont ces désirs qui sont illégitimes, et non l’appétit de bonheur. Alors, quels sont les désirs qui peuvent toujours être satisfaits, en dépit des conditions extérieures ? Lesquels ? La charité, le renoncement »

Olénine repart donc transformé par son passage chez les Cosaques.

Il s’agit donc d’un roman relativement court (environ 300 pages) mais passionnant. Il peut être un bon début pour ceux qui veulent découvrir Tolstoï mais à qui la longueur de ses autres romans fait peur.

Kheira

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