Les Misérables de Victor Hugo

Les Misérables Victor Hugo

Les Misérables Victor Hugo

Il s’agit d’une chronique un peu particulière puisque j’ai décidé de laisser ce roman en stand-by à la fin du Livre III intitulé Marius, ce qui représente un peu plus de la moitié du roman. Je voulais tout de même partager quelques impressions avec vous.

L’histoire étant connue tous, je me suis donc attachée davantage à certains « détails », certains aspects sociaux que met très justement en valeur Victor Hugo.  En effet il nous offre une vision subjective de l’histoire de la France de la Révolution à la Restauration. Il accorde une place importante à l’héritage de l’Empire napoléonien on voit très bien à travers les personnages lesquels entretiennent une légende noire de l’Empereur le surnommant Buonaparte et lesquels – à l’image de Victor Hugo- véhiculent une légende dorée de l’Empereur. L’éloge de Napoléon devient d’ailleurs un peu agaçant tant il est prononcé à l’aide de comparaison avec les héros de l’antiquité… J’ai en en outre trouvé très intéressantes les remarques à propos des prénoms qui illustrent une volonté d’ascension sociale comme ceux des filles des Thénardier Éponine et Azelma. La description des enfants des rue parisiennes est également très pertinente!

D’un point de vue purement littéraire certains passages sont très forts comme l’arrestation de Fantine et sa mort. Ces passages sont vraiment déchirants! Cependant je ne pense pas que ce roman devienne culte pour moi. Je lui reproche par exemple le côté très (trop) héroïque de Jean Valjean, qui s’illustre par exemple dans le passage où se réfugie dans un couvent puis doit en sortir pour de nouveau y entrer, il me donne l’impression d’être un héros de feuilleton qui finit toujours par s’en sortir. L’hommage aux feuilletons à succès publiés dans la presse du XIXè est sans-doute volontaire mais je n’adhère pas trop à ce type de rebondissements!

Voilà, j’espère reprendre la lecture de ce grand classique plus tard. À suivre donc…

Kheira

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Agnès Grey, l’autre gouvernante

The poor teacher de Richard Regrave 1843

Nous vous parlions dans notre précédent article de Jane Eyre roman culte de Charlotte Brontë. Mais le succès mérité de ce  roman ne doit pas nous faire oublier celui de sa soeur Anne Brontë. L’histoire d’Agnès Grey publiée en décembre 1847 soit un mois après Jane Eyre tranche par sa simplicité.  En grande partie autobiographique ce roman nous dresse l’expérience d’une gouvernante avec ses difficultés,ses déceptions et cette situation humiliante d’être parfois invisible aux yeux de la société…

« Il dépendait absolument de leur capricieuse volonté que je fisse à pied le chemin avec elles, ou que j’allasse en voiture avec leurs parents. Si elles voulaient me prendre avec elles, j’allais ; si, pour des raisons mieux connues d’elles que de moi, elles préféraient être seules, je prenais ma place dans la voiture. J’aimais mieux marcher ; mais la pensée de gêner par ma présence quelqu’un qui ne la désirait pas, me faisait toujours adopter un rôle passif en cette circonstance comme en toute autre, et je ne m’enquis jamais de la cause de leurs caprices. Et vraiment, c’était la meilleure politique, car se soumettre et obliger était le rôle de la gouvernante ; ne consulter que leurs plaisirs était celui des élèves. »

C’est cette situation de retrait  du personnage-narrateur qui permet à Anne Brontë de dresser un tableau critique de l’éducation et de la société de son temps. On trouve ainsi de nombreux portraits d’enfants capricieux,de pères indifférents,de jeunes filles frivoles et de mères uniquement préoccupées par l’idée de tenir leur rang. Certes l’écriture simple et ce personnage volontairement « ordinaire » peut paraître austère  mais Anne n’oublie d’adoucir ce tableau par la présence d’un jeune et charismatique clergyman prénommé…Edward!

On ne peut que regretter l’absence d’adaptations télévisuelles notamment de la BBC!

Kheira